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(Dernière mise à jour des index des films critiqués : 19/03/08)
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Mercredi 20 août 2008



Fiche technique :

Avec Mohsen Mohieddin, Naglaa Fathi, Ezzat el-Alayli, Mahmoud el-Meligui, Mohsena Tawfiq, Ahmed Mehrez, Gerry Sandquist, Youssef Wahbi et Yehia Chahine. Réalisation : Youssef Chahine. Scénario : Youssef Chahine & Mohsen Zayed. Musique : Fouad El Zahuy. Images : Mohsen Nasr. Montage : Rashida Abdal Salam.

Durée : 133 mn. Disponible en VO, VOST et VF.

Résumé :

1942 : le maréchal Rommel est aux portes d’Alexandrie. La ville est en ébullition et la population réagit diversement. Certains se réjouissent de la victoire allemande annoncée, et organisent des opérations anti-anglaises. D’autres comme la famille Sorel, de confession juive, font leurs valises. Adel Bey, oncle de Yehia, aristocrate dilettante, sorte de dandy décadent, nationaliste, fait enlever des soldats anglais ivres pour les tuer. C’est pour lui une sorte de sport cruel et élitiste. Il tombe amoureux de l’un d’eux. Il lui laisse la vie sauve, mais l’Anglais mourra au front...



L’avis de Bernard Alapetite :

Ce film commence le cycle autobiographique de Chahine. Il sera suivi en 1982 par Alexandrie encore et toujours et clos en 1989 par La Mémoire. Il y invente le personnage de Yehia, véritable double du cinéaste.

Dans Alexandrie pourquoi ?, Chahine réinvente son adolescence et sa jeunesse, de la période de la guerre jusqu’à son départ pour les États-Unis pour y apprendre le cinéma. Mais loin d’être centré sur sa personne, le cinéaste a voulu visiblement ressusciter des personnages qui le hantaient encore à l’époque du tournage comme celui d’Adel Bey, ici présenté comme son oncle.

Adel Bey a appris à convertir sa haine en amour ; la revendication politique va se changer en une passion sensuelle. Le cinéaste réussit à nous faire comprendre cette métamorphose en un plan superbe : l’Égyptien apportant son repas à l’Anglais, nu dans le lit de la chambre à coucher du premier. Très peu sera montré mais l’émotion est très forte qui culmine lorsque, plus tard, on voit l’oncle se recueillir sur la tombe du tommy qui a été tué à El-Alamein : rares sont les images aussi belles qui ne laissent pas disparaître l’amour homosexuel dans les oubliettes de l’histoire.

L’amour homosexuel chez Chahine est toujours apprentissage mais un apprentissage inversé par rapport à la tradition grecque classique : c’est l’aîné, l’homme de savoir, qui a la révélation de la vérité par l’entremise de l’objet du désir, c’est ce que l’on retrouve dans Adieu Bonaparte. C’est un amour libérateur et positif à l’opposé de la contemplation morbide de la jeunesse dans Mort à Venise de Visconti.



Chahine a donné à Yehia les rêves de son adolescence, comme lui il rêvait de partir pour étudier le cinéma aux USA... Ce qu’il fit. A-t-il connu la passion de son double – comme lui pétri de cinéma américain, et qui veut devenir acteur et prépare un spectacle avec ses camarades du lycée catholique – que nous suivons, parallèlement à l’intrigue principale, cette amitié passionnelle pour un garçon de sa classe, une amitié qui exclut toute autre histoire d’amour ? Comme dans Adieu Bonaparte, Chahine mêle habilement l’Histoire et histoires d’amour, tissant un scénario complexe où se croisent et se mêlent intimement amitiés, amours, trahisons, idéologies contraires, religions différentes et sexualités variées.

Alexandrie pourquoi ? est certainement le film de Chahine qui s’inscrit le plus dans une filiation littéraire, bien sûr dans celle de Cavafy mais aussi celles de Durrell et Mahfouz.

Ce mélodrame flamboyant est aussi un grand film documentaire. D’ailleurs, faute de moyens pour reconstituer les moments historiques, le cinéaste utilise habilement des bandes d’actualité. Il nous apprend surtout comment une population vivait ces événements, subissait la guerre tout en étant dans une certaine mesure extérieure au conflit. Alexandrie pourquoi ? nous en apprend beaucoup sur la vie quotidienne à Alexandrie de 1942 à 1952.

Alexandrie pourquoi ? est aussi un film sur le « Je », utilisé sans doute là pour la première fois dans le cinéma arabe, d’un garçon qui prend sa vie en main avec courage et détermination.

On peut parler d’audace folle de Chahine à propos de ce film dans lequel il évoque ouvertement une aventure homosexuelle entre un Égyptien aisé et un soldat britannique, et ose en parallèle une histoire d'amour entre un Musulman et une Juive… et suggère une amitié particulière entre deux garçons.

Ce film a été primé au Festival de Berlin où il reçut l’Ours d’Argent et le Grand Prix du Jury.

Pour plus d’informations :

par Bernard Alapetite publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 20 août 2008
Nous attendons avec impatience vos commentaires sur ce treizième objet :


http://www.riflegear.com/blogimages/KittyRifle.jpg

Photo : © D. R. - Sauf mention contraire, toutes les photos publiées sur lestoilesroses.com sont protégées par les lois sur le copyright et appartiennent à leurs auteurs ou ayants droits respectifs. Si vous êtes propriétaire d'une photo publiée dans un article et que vous souhaitez exercer vos droits d'auteur, merci de
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par Henry Victoire publié dans : LES PLUS IMPROBABLES OBJETS ROSES D'HENRY VICTOIRE
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Mercredi 20 août 2008


Dernière partie avec Justin. Et le verdict.
J'ai laissé la bande annonce qui figurait à la fin. Ca donne un aperçu de ce qui se passe autrement dans ATWT !


InTurn est une télé-réalité exclusivement diffusée sur le net, dans laquelle l'équipe d'As The World Turns (dont le "charmant" Chris Goutman, producteur exécutif et réalisateur) organise un casting façon Star Academy pour trouver un nouveau comédien. A chaque épisode, un élève est éliminé. La dernière semaine, les internautes américains votent pour leur préféré parmi les trois derniers, qui auront chacun une scène dans ATWT. Le gagnant remporte un contrat de 13 semaines dans le soap.
"InTurn" est un jeu de mot. "Intern" signifie "stagiaire", et "In Turn" sous-entend "in [As The World] Turn". C'est la 3e année que le concours est organisé. Je posterai ici uniquement les extraits liés à Luke et Noah, (ou Van et Jake). Si vous voulez voir l'intégralité de la série, cliquez sur :
www.cbs.com/originals/inturn3/
Massiarc, thanks for your help.
[InTurn 3 appartient à CBS, ATWT à PGP]


par Jag1366 publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE)
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Mardi 19 août 2008
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Fiche technique :
Avec  Michael Carbonaro, Jonathan Chase, Jonah Blechman, Mitch Morris, Scott Thompson, Graham Norton, Ashlie Atkinson, Stephanie McVay, John Epperson, Megan Saraceni, Darryl Stephens, Matthew Rush, Richard Hatch, Angela Oh, Alyshia Ochse, George Macy… Réalisation : Todd Stephens. Scénario : Todd Stephens & Tim Kaltenecker. Directeur de la photographie : Carl Bartels. Compositeur : Marty Beller.

Durée : 92 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :
Andy Wilson (Michael Carbonnaro) a tout du jeune gay américain type. Il a 17 ans, mais il est encore vierge. Et comme tout le monde, il compte bien remédier à ce problème. Totalement décomplexé, et chaud comme la braise, ce jeune et naïf lycéen est pris dans ce curieux vortex entre l’enfance et l’âge adulte. Au grand désarroi de sa mère, Mme Wilson (Lypsinka) – qui se demande pourquoi ses carottes et concombres disparaissent – Andy passe son temps libre à se préparer au grand moment quand, enfin, il fera le grand saut. Andy n’est pas seul. Il est flanqué de ses trois meilleurs amis, tous plein de testostérone : Jarod (Mitch Morris) qui est un fana de blagues de potaches, Griff (Jonathan Chase) qui lui est le romantique musclé et Nico (Jonah Blechman) qui est l’expert en cinéma gay. Ils ont tous une chose en commun, ils sont tous parfaitement vierges. Muffler, (Ashlie Atkinson) leur « virile » copine lesbienne, une vraie Casanova, s’amuse à titiller les garçons. C’est un véritable aimant à pom-pom girl qui accumule les sauteries. La goutte d’eau qui fait déborder le vase vient lors de la fête de fin d’année de Muffler, qui se transforme en partie de jambes en l’air... sauf pour eux. Cette nuit-là, ils se promettent de se faire dépuceler d’ici à la fin de l’été. Ce qui suit va n’être qu’une longue route parsemée d’embûches vers le dépucelage. Le film est une satire non seulement d’American Pie, mais aussi de films gays comme The Broken Hearts Club ou Edge of seventeen.


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L’avis de Bernard Alapetite :

On peut considérer que tourner la parodie d’un film navrant, American Pie, est au choix (du point de vue artistique) suicidaire ou au contraire courageux. En l’espèce, je pencherais pour la deuxième solution. Il faut immédiatement préciser qu’Another Gay Movie est le summum du mauvais goût (assumé), à placer à côté des opus de John Waters ou des films autobiographiques de Kitano.

Le tout est de supporter la première demi heure ; ensuite on commence à rire des fines plaisanteries, parfois scatologiques, de la troupe. Les spécimens qui apparaissent à l’écran sont tellement grotesques que l’on pourrait même y voir une charge homophobe ! Tous les sous genres de la « gaytitude » sont ridiculisés. On y voit des bears style méchant grizzli roulant des yeux comme au temps du muet, un prêtre suçant un scout (rassurez-vous le scout doit avoir au moins quarante ans) dans des toilettes, un professeur sado maso uro scato draguant via Internet : la réalisation n'évite aucun lieu commun.



Another Gay Movie est une avalanche de gags mais malheureusement beaucoup ne sont pas efficaces en raison du manque de rythme du film. Si Todd Stephen s’est avéré un bon cinéaste de films sérieux (ses deux autres réalisations, Edge of Seventeen et Gypsie 83, l’ont prouvé), il ne possède pas le tempo des réalisateurs de comédie. Il passe trop vite sur un gag ou alors l’étire plus que de raison. L’autre défaut est que certaines idées et certains personnages sont abandonnés en cours de route.

C'est suite à plusieurs refus de distributeurs de diffuser son magnifique second film Gypsy 83, que Todd Stephens décide d'écrire un « Scary Movie gay ». En effet, les distributeurs trouvaient que Gypsy 83 n'était pas assez gay ! C'est ainsi qu'il commence à écrire le film qu’il veut le plus gay jamais réalisé ; un film qui serait la parodie du cinéma d'adolescents tel que American Pie mais aussi des longs-métrages gays tels que Le Club des cœurs brisés ou encore son propre film Edge of Seventeen. Les clins d’œil à ses deux premiers films seront nombreux, à commencer par leur affiche que l’on voit bien dans Another Gay Movie.



Another Gay Movie est un film volontairement provoquant et à contre-courant, défiant la censure. Todd Stephens cite G. W. Bush et Jerry Falwell (un télévangéliste américain homophobe) dans ses sources d'inspiration : « Je dois remercier George W. Bush pour l'inspiration qu'il m'a procurée. J'étais parfaitement écœuré par le programme politique de son parti, j'ai alors décidé que j'allais secouer tout ça (...) J'ai enfin réussi à faire le film que je voulais faire étant adolescent, le film que Jerry Falwell voudrait absolument bannir. »

Le cinéaste a été très influencé à l'adolescence par Mae West, qui lui apparut comme sa première icône gay. Il affirme s'être inspiré d'elle pour son film Another Gay Movie : « J'ai toujours apprécié la façon dont elle a révélé sa sexualité. J'ai voulu faire un film dans l'esprit de Mae où l'homosexualité pouvait être à la fois mise en valeur et drôle, et comme Mae mon but principal était de faire rire. »



Todd Stephens ne voulait pas faire jouer que des comédiens gays. Il a finalement choisi Michael Carbonaro, Mitch Morris, Jonathan Chase et Jonah Blechman. « Ma plus grande joie fut de travailler avec des comédiens aussi talentueux et intrépides. J'ai pris un temps fou à trouver les quatre acteurs principaux, mais une fois le tournage commencé, je n'ai eu qu'à m'asseoir et les regarder improviser et améliorer mon scénario. » Au vu du film, on peut tout de même penser qu’il aurait dû se lever et diriger un peu plus ses comédiens. D’autant qu’il n’avait pas affaire à des débutants. À l’instar de Jonah Blechman, la folle hystérique de la bande, un habitué des films gay, déjà vu en particulier dans le bon Luster, ou encore du binoclard du groupe, Mitch Morris, qui a tenu un rôle secondaire dans quatre épisode de Queer as Folk US, ou enfin du beau black Darryl Stephens que l’on avait déjà vu dans Boy Culture et vedette de la série gay et black Noah’s Arc. Comme on le voit, la distribution n’est peut-être pas si hétéro que cela. Todd Stephens aurait mieux fait, au lieu de se focaliser sur la sexualité de ses comédiens, de prendre l’âge comme critère de sélection car engager des acteurs dont l’âge tourne autour de 25 ans pour interpréter des rôles de garçons de 17 ans n’est ni particulièrement judicieux ni courageux !



Leur jeu outré, certes voulu, se situe entre le jeu de boulevard de seconde zone, style Jacques Balutin, et un festival de grimaces dans la droite ligne du jeu « subtil » d’un Eddy Murphy…

La très bonne idée du casting a été de choisir un homme pour jouer la mère du héros. Malheureusement, comme beaucoup d’autres, cette idée (et ce personnage) n’est pas exploitée.

La bande originale du film Another Gay Sunshine Day écrite par Marty Beller et Todd Stephens est interprétée par une de ses idoles, Nancy Sinatra. Ce fut, selon les mots du réalisateur, « la cerise sur le gâteau ».



Il faut saluer le remarquable travail réalisé par le costumier et le maquilleur sur le personnage interprété par Jonah Blechman. Les décors et les accessoires sont très soignés et participent au comique du film.

Sous leurs accoutrements se cachent de bien jolis garçons dont on ne nous cache rien des postérieurs (sans malheureusement nous montrer beaucoup d’autres choses…)

Todd Stephens a déjà tourné une suite, Another Gay Sequel: Gays Gone Wild, qui commence là où le premier film s’arrêtait.



L’avis de Frédéric Mignard :
Todd Stephens avait su se montrer juste de sensibilité avec Edge of seventeen, petite production gay indépendante, qu’il avait écrite en 98, sur un ado assumant ses penchants homosexuels dans l’Amérique des années 80. Le retrouver aux commandes de Another gay movie surprend donc. Cette comédie outrancière, véritable hymne au politiquement incorrect, qui se complaît dans les gags les plus excessifs, est à des années-lumière de son premier script. Un virage dans l’humour trash scato-anal d’un mauvais goût absolu, réalisé cependant avec des moyens dérisoires qui le réduisent à un film amateur bancal qui s’aliènera tout autre public que celui de la communauté homosexuelle.

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Le jeu improbable des comédiens que l’on croirait tous échappés de Foon et l’absence de toute mise en scène rendent l’accumulation de gags énormes d’une lourdeur indigeste. Certes Stephens met un grand coup de pied dans les conventions morales hollywoodiennes en s’acharnant à décrire les pratiques sexuelles les plus insolites pour ce type de production. Another gay movie va loin, très loin même, affichant kikis à gogo, gadgets sexuels de toutes tailles et de toutes formes, multipliant les scènes de masturbation à base de quiche lorraine et de légumes incongrus, et se permettant même de s’achever sur une double pénétration. Alors oui, c’est osé et avec un minimum de talent l’entreprise aurait pu être hilarante, mais ici tout est tellement mal ficelé et intrinsèquement laid qu’il est bien difficile de se prendre au jeu de cette parodie rose du teen movie à la American pie et autre Sex academy, un peu trop fière de sa vulgarité et de son immaturité crasse.

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L’avis de Lucile :
Loin, très loin même, des parodies faciles et autres caricatures, Another Gay Movie offre plutôt une relecture du teen movie à la sauce gay. La recette d'American Pie traîne dans un coin et certaines scènes où personnages lui sont même carrément empruntés, mais le résultat est tellement original, déjanté et hilarant qu'on en oublierait presque les quelques vulgarités ici et là. 
Car au niveau de l'humour, ils ne se refusent rien, repoussant toujours plus les limites du trash, au plus grand plaisir du spectateur qui apprécie grandement d'être enfin étonné par ce genre de film. Et du hamster au SM scato, il y en a vraiment pour tous les goûts. À titre d'exemple, le Stiffler de la bande est ici une lesbienne hypra masculine et vulgaire qui dévergonde tout le voisinage et qui porte le doux nom de Muffler.

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Derrière les blagues grasses, aussi bonnes soient-elles, le film qui se veut léger soulève tout même le problème du dépucelage des homosexuels en province. Comme l'avait déjà évoqué à sa manière Dorian Blues, il paraît encore très compliqué de s'épanouir en tant que gay sans prendre des risques : celui de la réaction de l'autre ou d'autres plus graves comme les rencontres par Internet et les clubs louches.
Mais il ne faut pas faire preuve de trop de sérieux : Another gay movie est une comédie. Tout finit bien pour les quatre amis et on attend avec impatience la suite de leurs aventures hautes en couleurs, pour l'instant sous la forme de projet au titre alléchant : Another gay movie 2 : Gays gone wild !!

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L’avis de Psykokwak :
À quelques jours de la nécessaire Marche des fiertés, le cinéma propose une parodie des films pour ados version gay. Another gay
movie, du scénariste de Edge of seventeen, met en scène quatre potaches – plus queer tu meurs – désireux de perdre leur virginité avant d'entrer à l'université. Cette unique obsession tient lieu de scénario ! Tout est bon pour qu'ils réalisent leur souhait. Todd Stephens prend le parti du burlesque le plus grotesque pour mieux dézinguer ce genre de films pour ados. Il suffit pour le réalisateur de convertir la drague hétéro en baizouillage gay pour donner une caricature. Donc quatre « choupinous » (pour au moins deux d'entre eux) s'escriment à essayer des stratégies pour réussir leur défi. L'occasion est trop belle pour déballer des exemples d'approches propres au monde gay et tenter de nous faire rire. On aura compris que la finesse du propos se situe au niveau rectal.
À ne consommer qu'avec des copines pour rigoler gayement.

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L’avis de Pitch22 :
Très bon moment de détente devant ce film très « série déjantée ». Avec ses multiples situations cocasses hautes en couleur, c'est vraiment plus marrant et piquant que les American Pie, malgré quelques baisses de rythme (dans l'ensemble soutenu) et surtout plus sexe (on en voit, du cul et de la bi..)! Plus loufoque aussi. Tout y passe (enfin presque), des clichés à la pelle bien sûr mais sur un mode très fun (et foune...). Une scène avec Mr Puckov aka Gode-zilla (Graham Norton), grotesquissime, a quand même fait fuir de la salle un couple de gays (c'est dire !..) Donc nous avons nos quatre « puceaux » gays (18 ans) qui cherchent désespérément à connaître leur première vraie relation sex en bonne et due forme : en gros, un qui fait hétéro (et ne se croit qu'actif), une caricature fardée de la tapiole modasse (affublé d'une sœur non-voyante), une crevette timide (pas tant que ça) et un minet sexy (joué par Michael Carbonaro aka Andy, une révélation !)

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Tout ça sous les encouragements (et l'excitation ad libidum) de la « grosse touffe » ou Muffler (actrice apparue dans Inside Man), gouine partouzeuse ultravertie entourée de mini-touffes (mini-muffs) cheerleaders ce qui vaut son poids de mordant. Les parents sont bien sûr plus que gay-friendly (génial Scott Thompson, le père Wilson, entre autres one man shower hors pair)... Quelques beaux spéci…mens, tel Darryl Stephen (Angel), qu'on a pu voir dans Boy Culture (et Noah's Arc pour les abos à Pink TV). Pour les bears, apparition de Richard Hatch en personne, naturiste patenté et vainqueur de Survivor saison 1 (en outre condamné pour ne pas avoir payé ses impôts là-dessus). Les acteurs sont pour beaucoup issus de séries US : Queer as Folk (quelques références narguantes), Dawson, Veronica Mars, DOS, Providence, Rescue Me, etc. Gayissime et très kitch, beaux décors, beaux culs... Belle réussite pour Todd Stephen, le réalisateur.

Pour plus d’informations :

anotherplanche.jpgPour agrandir, cliquez sur l'image.

par Bernard Alapetite, Frédéric Mignard, Lucile, Psykokwak et Pitch22 publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 19 août 2008


par Stéphane RIETHAUSER


4. La montée du national-socialisme et le début de la persécution

Dans les années d'après-guerre, beaucoup de gens, amers de la défaite allemande (1,7 million de morts, 4 millions de blessés), ont commencé à chercher des explications à la déroute de l'armée du Kaiser. L'affaire Eulenburg était encore dans les esprits, et les boucs émissaires étaient tout trouvés : aux côtés des Juifs, les homosexuels étaient eux aussi responsables du déshonneur du pays. L'inflation galopante et la crise économique font que de nombreux groupes paramilitaires se forment, tous plus extrémistes les uns que les autres. Si d'un côté l'émancipation homosexuelle s'accroît en Allemagne, de l'autre un nouveau mouvement s'affirme avec toujours plus de vigueur et de brutalité : le national-socialisme. Les chemises brunes et les croix gammées se font de plus en plus visibles dans le pays et s'en prennent à des minorités choisies : en particulier les juifs et les homosexuels.
En 1921, Magnus Hirschfeld est agressé par une bande nazie à la sortie d'une conférence à Munich. Il est roué de coups et laissé pour mort dans la rue. A Vienne, le 4 février 1923, un groupe paramilitaire d'extrême droite attaque une réunion d'homosexuels à laquelle participe Hirschfeld. Les sympathisants nazis tirent sur le public et blessent des dizaines de spectateurs.
Jeunesses hitlériennes
De manière de plus en plus virulente, les nazis font entendre leur point de vue, en affirmant que Berlin est devenue un centre de dépravation et de corruption, une ville contrôlée par les Juifs et les pervers. L'Institut de Hirschfeld est assimilé à une maison de prostitution, une boîte de travestis et à un centre de pourriture et de débauche.
Une sordide affaire criminelle va saper le travail de Hirschfeld et durablement marquer les esprits : en 1924 est arrêté à Hanovre Fritz Haarmann, un homosexuel qui avoue pas moins de 127 meurtres de jeunes hommes. Haarmann était un déséquilibré mental qui découpait ses victimes en morceaux. La presse en fait immédiatement un démon et il en résulte un violent regain de haine contre les homosexuels parmi le public. Véritable désastre pour les efforts de dépénalisation de Hirschfeld, l'affaire Haarmann va réinstaurer en quelques jours dans les esprits populaires des préjugés négatifs sur les homosexuels.
Malgré cette néfaste affaire, Hirschfeld poursuit sa lutte politique année après année. Mais le parti national-socialiste prend du poids et s'attaque aux efforts du docteur berlinois. Juif, socialiste et homosexuel, il est le bouc émissaire rêvé. Lorsqu'en 1929, juste avant la crise économique, Hirschfeld est sur le point d'obtenir enfin l'abrogation du §175 après avoir réuni une commission parlementaire formée par les Sociaux-démocrates et les Communistes ayant voté en faveur de la dépénalisation, le journal officiel de Hitler, le Völkischer Beobachter, écrit : "Nous vous félicitons, Monsieur Hirschfeld, de votre victoire au Parlement. Mais ne croyez pas que nous Allemands allons tolérer ces lois un seul jour après notre arrivée au pouvoir. Parmi les nombreux mauvais instincts de la race juive, il y en a une de particulièrement pernicieuse qui a à voir avec les relations sexuelles. Les Juifs font la propagande des relations sexuelles entre frères et sœurs, entre hommes et animaux, et entre hommes et hommes. Nous les Nationaux-Socialistes nous les démasquerons et les condamnerons bientôt par la loi. Ces efforts ne sont que de vulgaires crimes pervers et nous les punirons par le bannissement et la pendaison." A la fin de 1929, juste après le crash boursier, le parti National-Socialiste rafle 107 sièges au Reichstag et empêche toute réforme légale. Les nazis ne tarderont pas à mettre leurs menaces à exécution.
Le 30 janvier 1933, Hitler accède à la Chancellerie. Le 23 février, soit trois semaines après leur prise de pouvoir, les nazis déclarent les associations et les publications homosexuelles illégales. Les bars homosexuels de Berlin sont fermés par la police. Le 7 mars, Kurt Hiller, le directeur de l'Institut pour la Recherche sexuelle est arrêté et déporté au camp de concentration de Oranienburg.

Le 6 mai 1933, l'Institut pour la Recherche Sexuelle de Hirschfeld est vandalisé par les jeunesses hitlériennes. Venus par dizaines dans des camions, accompagnés par une fanfare pour ameuter la foule, les jeunes nazis détruisent tout ce qu'ils peuvent. Deux jours plus tard, 20'000 livres et des milliers de photographies sont brûlés lors d'une cérémonie publique sur la place de l'Opéra. Le buste de Hirschfeld est brûlé, ainsi qu'un portrait de Freud.

Berlin, 6 mai 1933
Par chance, Magnus Hirschfeld se trouve en tournée à l'étranger lors de l'accession au pouvoir de Hitler. Impuissant, il assiste à la destruction de son institut depuis la Suisse. Il ne reviendra jamais en Allemagne. Quelques temps plus tard, il s'installe à Nice et œuvre à la mise sur pied d'un centre similaire à son Institut pour la Recherche Sexuelle. Mais une déficience cardiaque l'emporte en 1935, le jour de ses 67 ans, après avoir, selon ses comptes, mené durant sa vie plus de 30'000 entretiens privés. Travailleur acharné, Magnus Hirschfeld cumule plus de 200 ouvrages, articles, pamphlets, livres, et études sur le thème de la sexualité.

Le nom de Magnus Hirschfeld apparaît plus de 70 fois dans ce travail. Mais il est surprenant de constater qu'il ne figure nulle part dans le Grand Larousse Encyclopédique, ni dans le Robert des noms propres, ni dans aucune autre encyclopédie, et qu'il est régulièrement oublié dans les ouvrages d'histoire traitant de cette période. Un homme qui a eu en son temps une renommée mondiale, et qui a à son actif certainement la carrière la plus impressionnante dans le domaine de la sexologie et de l'émancipation homosexuelle. Par contre, on trouve dans ces encyclopédies les noms de Gustav Hirschfeld, archéologue allemand né en 1817, Ludovic Hirschfeld, médecin polonais né en 1815, ou encore Christian Hirschfeld, naturaliste danois né en 1742.

5. La Suisse, dernier bastion de liberté pendant la dictature nazie

Faisant honneur au précurseur Heinrich Hössli, et se calquant sur le modèle berlinois, la Suisse alémanique est à partir de 1922 le théâtre de plusieurs initiatives visant à organiser les homosexuels entre eux et à lutter contre l'homophobie, bien que ce vocable n'existe pas encore. Après plusieurs revers, le Schweizerische Freundschafts-Bewegung (Mouvement suisse de l'amitié) est créé à Bâle et Zurich en 1931. Une fois n'est pas coutume, c'est une femme, Anna Vock (1885-1962), connue sous le pseudonyme de Mammina, qui est à la tête de l'association, dont sont membres de nombreuses lesbiennes. Une originalité sans doute due au fait que la plupart des cantons suisses, à l'inverse des autres États européens, punissent également les relations entre femmes.



Karl Meier
Peu après, l'organisation est rebaptisée Schweizerische Freundschafts-Verband (Association suisse de l'amitié). Le Damenclub Amicitia et l'Excentric-club de Zurich y participent, et ensemble ils lancent le premier magazine homosexuel de Suisse : Das Schweizerische Freundschafts-Banner (La Bannière de l'amitié), qui paraît le 1er janvier 1932.
En 1934, l'acteur Karl Meier, dit Rolf (1897-1974), apprend l'existence de la revue. Très vite, il s'y implique et publie de nombreux articles. Au fil des ans, les lesbiennes se retirent de l'organisation, et Karl Meier en devient le président, faisant de l'Association suisse de l'amitié un groupe entièrement masculin. En 1937, le journal est rebaptisé Menschenrecht (Droit de l'homme), avant de prendre son nom définitif en 1942 : Der Kreis (le Cercle). Karl Meier assure sa publication sans interruption pendant que la guerre fait rage alentour.
Le magazine a un petit nombre d'abonnés choisis, répartis dans de nombreux pays. Une édition en français paraît en 1943, et une en anglais en 1952. Der Kreis est la revue gay la plus influente au niveau mondial jusqu'à ce que sa publication cesse, en 1967. Ecrasé par la barbarie nazie, le mouvement d'émancipation homosexuelle allemand se retranche à Zurich durant les années 1930. Terre d'asile pour Magnus Hirschfeld de 1932 à 1933 et pour de nombreuses autres personnes, la Suisse est le dernier bastion de (relative) liberté pour les homosexuels pendant la Seconde Guerre mondiale et devient - par défaut - pour un temps le centre européen du mouvement de libération homosexuelle. Un mouvement pourtant encore bien timide et confiné à une quasi-clandestinité.
Der Kreis


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NOTA BENE: les ouvrages utilisés pour ce travail sont répertoriés dans la bibliographie 

Ce travail est l'oeuvre de Stéphane Riethauser. Il sera publié en 14 parties sur le blog Les Toiles Roses avec son autorisation. Qu'il en soit chaleureusement remercié. Stéphane est joignable sur le site de lambda éducation.



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par Stéphane Riethauser publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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