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Dimanche 31 juillet 7 31 /07 /Juil 12:07

dreampress

 

dreampress.com is looking for fiction and non fiction

for theme anthology « horror, homosexuality (GLBT), homophobia »

 

Small press French publisher Dreampress.com (http://www.dreampress.com), in partnership with radio show « Ce n’est que de l’amour » (It’s Only Love ; on French radio RCN 90.7 FM ; http://www.rcn-radio.org) is now reading fiction and non fiction for a special issue of the Ténèbres anthology series : the theme will be « Horror (in literature, film, TV), homosexuality (GLBT), homophobia ».

Daniel Conrad (senior editor and producer of the show) and Julien Gelly (vice-président of Equinoxe Nancy Lorraine et co-host of the show) will be the editors of this anthology that aims to gather big names, but also to discover fresh talents, in genre fiction, but also in gay literature, or even in the mainstream.


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We’re looking for short stories (novelettes or novellas accepted as well) mixing horror (from quiet horror to splatter) with an GLBT theme and/or about homophobia. The stories will be selected by Daniel Conrad and Julien Gelly, based on criteria regarding the quality and the originality of the work.

Regarding essays, you can submit your ideas via email (tenebresdarkenciel@gmail.com) ; we already have essays about Carmilla and Clive Barker. We’d like to read proposales about literature, film and TV.

If you’re interested, we’d like to hear from you before September 30th. 2011, via email (tenebresdarkenciel@gmail.com) or mail at the following address :

 

Editions Dreampress.com

Ténèbres Dark-en-ciel

45, rue du Général Hoche

54000 NANCY

FRANCE

 

Please, feel free to tell anyone you know that might be interested by this exciting project.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : CE N'EST QUE DE L'AMOUR
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Samedi 30 juillet 6 30 /07 /Juil 11:34

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TÉNÈBRES DARK-EN-CIEL

APPEL À TEXTES (FICTIONS ET ARTICLES)

 

Les éditions Dreampress.com (http://www.dreampress.com), en partenariat avec l’émission « Ce n’est que de l’amour » diffusée sur RCN 90.7 FM (http://www.rcn-radio.org) (en attente d’autres partenaires) lancent un appel à textes, fictions et articles, pour la mythique revue « Ténèbres » qui prépare un énorme numéro spécial « Dark-en-ciel » dont la thématique sera : « fantastique (littéraire, cinématographique, télévisuel), homosexualité (LGBT), homophobie ».

Benoît Domis, gérant de Dreampress.com, a confié à Daniel Conrad (directeur d’ouvrages et producteur de l’émission) et à Julien Gelly (vice-président d’Equinoxe Nancy Lorraine et co-présentateur de l’émission) la rédaction en chef de ce numéro original, historique et précurseur.


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Cette revue-anthologie, comme à son habitude, veut réunir les grands noms francophones et anglo-saxons mais aussi découvrir de nouveaux talents, tant dans la sphère des littératures de l’imaginaire, que dans celle de la littérature gay voire générale.

Aussi nous recherchons des nouvelles mêlant fantastique (du gore, en passant à la terreur, au fantastique et à la quiet horror, dramatiques ou comiques) et la thématique LGBT (lesbienne, gay, bi et transgenre) et/ou sur l’homophobie. Aucun calibrage n’est imposé. Daniel Conrad et Julien Gelly sélectionneront les textes sur des critères de qualité, d’originalité et surtout sur le respect de la double thématique imposée.

Pour les articles, vous pouvez proposez vos idées avec un plan simplifié à l’adresse email en fin d’appel (nous avons déjà des textes sur « Carmilla et le lesbianisme, l’homosexualité dans l’œuvre de Clive Barker). Nous attendons des propositions sur la littérature, le cinéma et les séries télévisées. Là aussi, aucun calibrage n’est imposé.

Vous pouvez envoyer vos textes ou nous contacter pour des articles, avant le 30 septembre 2011, à l’adresse email suivante : tenebresdarkenciel@gmail.com ou par voie postale à :

Editions Dreampress.com

Ténèbres Dark-en-ciel

45, rue du Général Hoche

54000 NANCY

Merci de largement diffuser cet appel à textes autour de vous.

Pour les partenariats publicitaires gratuits ou payants avec des associations, émissions radios et éditeurs, merci de nous contacter par email à l’adresse ci-dessus.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : CE N'EST QUE DE L'AMOUR
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Mercredi 20 juillet 3 20 /07 /Juil 09:56


de  Nico Bally

 


Croque-quenottes

 

Nico Bally a publié une multitude d'histoires étranges sur divers supports, du webzine à l'anthologie, en passant par le livre photo-musical.

Après avoir sillonné les villes les plus exotiques et palpitantes du globe (Dunkerque, Manchester), il vit aujourd'hui à Lille où il fête tous les jours son non-anniversaire (trente ans tout rond) avec un lapin gay, une chatte blanche déguisée en chatte noire, et la fée Clochette.

En marge de l'écriture, il travaille comme contrôleur de contenu pour Recisio Music malgré de longues études en sciences, informatique et philosophie. Il respecte les lois du TATBAR (Touche À Tout, Bon À Rien) en s'adonnant à la photographie naïve, la musique noise-ambiant expérimentale, les courts-métrages DIY, l'auto-pornographie, le rot tonal et la peinture sur vélo.

Pour Les Toiles Roses, il élargit ses univers fantastiques-oniriques en développant les thèmes LGBT qu'il avait trop souvent mis de côté.

 

 

Ce dont je me souviens le mieux de mes années de pensionnat, ce sont les nuits.

J'étais le seul de la chambrée à ne pas savoir dormir d'un trait. Je me levais, au mieux, une fois par nuit, pour aller boire ou pisser.

Pieds nus, parfois en chaussettes, je me glissais sans bruit dans les couloirs pour atteindre la grande salle d'eau où étaient alignés les cabinets de toilettes, les douches, les urinoirs et les lavabos.

Je n'y étais jamais seul. D'autres pisseurs, des insomniaques, des caïds, fourmillaient tout en discutant à voix basse, en se déplaçant lentement, les yeux mi-clos, comme des fantômes hantant les lieux sans conviction.

J'avais beau être grand pour mes treize ans, j'étais aussi fluet, me réfugiant dans mon asthme pour éviter le sport. Je baissais donc la tête devant les caïds qui profitaient du sommeil des pions pour terroriser les petits aux vessies capricieuses.

Un soir où je ressortais discrètement d'un cabinet de toilettes, je vis Tristan assis sur un lavabo, juste en face. Il me fixait comme s'il avait eu les yeux plantés sur la porte tout du long, attendant patiemment que je sorte.

Tristan avait seize ans, des cheveux noirs, un regard blasé, et fumait des cigarettes évidemment interdites.

« J't'ai pas entendu chier, m'a-t-il lancé.

J'ai... J'ai pas fait de... de bruit. », ai-je bredouillé.

Il a ricané et s'est avancé, me faisant reculer dans le cabinet.

« Tu pisses assis, hein ? Et t'as honte ! »

Il a refermé la porte, nous enfermant. Je tremblais, certain qu'il me frapperait ou me brûlerait avec sa cigarette.

« T'inquiètes, je fais pareil, j'aime pas les urinoirs. Allez, détends-toi, t'es tout bleu. Tu pisses assis, c'est bien ça ?

Ou... O... Oui.

T'as bien raison. J'suis pas pudique, mais pisser debout quand on peut le faire assis, je vois pas l'intérêt. »

Il s'est accroupi sur le sol, le dos contre la porte, tandis que je tremblais encore, debout, les jambes collées à la cuvette.

« Calme-toi, je veux juste discuter. Je m'appelle Tristan.

Je sais.

Et toi, tu t'appelles comment ?

Nico. »

Je ne comprenais pas pourquoi il préférait venir discuter avec moi plutôt qu'avec les types de sa classe. Il parla de tout et de rien ; je répondis à peine. Il laissait les cendres de sa cigarette tomber sur le sol et contemplait la fumée qu'il recrachait.

J'avais fini par m'asseoir sur la cuvette. Je me rendis bientôt compte qu'en parlant il touchait le bas de mon pyjama, et progressait lentement vers ma cheville, la caressant du bout des doigts.

Je reculai mon pied d'un coup sec.

« Ooh, tu es timide. Allez, laisse-moi faire, tu me diras après si tu aimes ou pas. »

Je refusai, je ne savais pas très bien ce qu'il voulait, mais je connaissais le châtiment.

« Le croque-quenottes. »

Il sourit. J'avais pensé tout haut.

« Tu crois à ces histoires ? »

Il se pencha pour écraser sa cigarette ; j'en profitai pour l'enjamber et sortir, détalant vers ma chambre.

Je fis ensuite d'horribles cauchemars dans lesquels le croque-quenottes venait me dévorer.

Selon l'histoire, il ne mangeait que les dents. Des variantes racontaient qu'il retirait toute la merde de sa victime pour la lui étaler sur le visage. Il ne s'en prenait qu'aux garçons qui embrassaient d'autres garçons et qui faisaient d'autres choses qui me semblaient encore obscures à l'époque.

 

Presque toutes les nuits qui suivirent, Tristan vint me voir. Nos discussions duraient le temps de sa cigarette. Il feignait d'être distrait, à chaque fois, pour me laisser m'échapper.

Je repoussais ses tentatives avec plus ou moins de conviction. Il parvint à m'habituer à ses caresses légères sur la cheville. Je savais que je ne risquais rien pour ça. Je me promettais d'être prudent, de surveiller ses dérapages. Il en voulait toujours plus.

« Tu as encore peur de ton croque-quenottes ? Tu ne deviens pas un peu trop vieux pour croire à ces trucs-là ?

Je sais qu'il existe. Le cousin de Ludovic l'a vu.

Ouais ouais, un ami d'un ami a toujours vu des trucs de dingues. Moi j'ai un pote dont le frère à vu le directeur à poil.

Non ?

Bah non, justement, c'est une légende, comme ton croque-crottes. Et tu sais qui l'a inventée, ta légende ? Le directeur, ou bien les surveillants, pour te foutre la frousse et éviter qu'on devienne amis. Ils aiment pas qu'on s'amuse, ils interdisent tout. Si t'es pas sage tu te feras bouffer. Mon cul ! »

Il s'agitait quand il partait dans des tirades de ce genre. Et ça m'amusait à chaque fois. Me voyant sourire, il reprenait son calme, avec un air boudeur.

Il ne me terrorisait plus du tout. J'avais juste peur qu'il me fasse faire des choses dangereuses. Et dans mon lit, je guettais l'arrivée du croque-quenottes. On pouvait l'apercevoir, parfois. Je pense vraiment l'avoir vu un soir. Je l'entendais souvent.

À la cantine, des amis me dirent qu'un grand se ferait bientôt manger les dents.

« Tristan, la tête de corbeau qui fume en cachette. Ça fait plusieurs fois que le croque-quenottes rôde autour de sa chambrée. Il va pas tarder à se faire tartiner de merde ! »

Je le prévins dès la nuit suivante, il éclata de rire.

« Ah ah, merci, je vais installer des pièges à ogres autour de mon lit.

Te fous pas de moi. Et puis pourquoi il viendrait, de toute façon ? On n'a rien fait, j'en suis sûr !

Là, c'est clair que c'est pas avec nos discussions qu'il va s'énerver... Mais y'a d'autres gamins qui sont moins pétochards que toi... »

L'idée qu'il puisse s'enfermer avec d'autres garçons ne m'avait jamais traversé l'esprit. Je ne lui accordais désormais qu'un peu moins d'une heure par nuit. Et s'il enchainait ainsi les discussions avec quatre ou cinq autres types ? Il m'avait dit être insomniaque et passer ses nuits dans les toilettes.

« Et tu leur fait quoi aux autres ? », criai-je en me levant.

J'étais bêtement jaloux. Sans réfléchir, je l'embrassai. Il me prit dans ses bras, me caressa le dos, je paniquai. Je le rejetai, partis en courant, mon sexe dressé déformant mon pantalon.

Je n'ai pas dormi cette nuit-là. Je pensais à ce que j'aurais pu faire, ce que j'aurais dû faire, comment il aurait peut-être réagi. J'en avais complètement oublié le croque-quenottes.

 

La nuit suivante, Tristan n'était pas là. J'appris qu'il avait été transféré dans un autre établissement.

Évidemment, c'était la déclaration officielle. Nous savions tous qu'il avait été étranglé, dévoré, ou étouffé avec sa propre merde. Et ça serait bientôt mon tour.

Je ne dormais plus.

Je passais alors mes nuits aux toilettes, à attendre le croque-quenottes. Les caresses de Tristan me manquaient.

À l'automne, je repérai un nouveau dont la chevelure corbeau me rappela mon premier amour.

Je le vis se faufiler dans les toilettes, jusqu'à un cabinet.

« Tu pisses assis ? », lui lançai-je. Il n'osa pas me répondre.

 

Au fil du temps, je compris qu'il y avait deux sortes de gamins. Les effrontés qui prenaient eux-mêmes mes mains pour les glisser sous leur pyjama, et les peureux avec qui il fallait de longues discussions avant de pouvoir effleurer la nuque ou la cheville.

Je préférais de loin ces derniers, tellement délicieux, fondants, irrésistibles. Leurs tremblements me surexcitaient.

Et pour entretenir leur superbe peur, je leur racontais la légende du croque-quenottes.

 


© Nico Bally – 2009.

Tous droits réservés.

Direction littéraire de la série : Daniel Conrad & Pascal Françaix.

Par Nico Bally - Publié dans : PETITS CONTES DARK-EN-CIEL
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Mercredi 25 mai 3 25 /05 /Mai 10:33

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RCN Nancy 90.7 FM (Radio Caraïb Nancy)


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Émission n°8 du 17 mai 2011

"Spéciale lutte contre l'homophobie, émeutes de Stonewall, Gay Pride et Marche des fiertés Lorraine 2011"

Produite par Daniel Conrad

Animée par Daniel Conrad et Julien Gelly 

  14.JPGPour écouter l'émission, vous pouvez cliquer sur la photo ci-dessus...


Le troisième mardi de chaque mois EN DIRECT sur les ondes et sur internet, rediffusion le dimanche suivant de 14 à 15 heures, podcastable sur le site de RCN.

En fonction des aléas du Net, des serveurs et de la pleine lune, voici une page qui vous explique comment nous écouter par tous les moyens.

 

Vous êtes homos, hétéros, parents d’enfant homo, parents homos, enseignant(e)s, militant(e)s, artistes (peintres, réalisateurs, écrivains, etc.) sur Nancy et son département. Vous voulez nous écrire pour nous complimenter, nous critiquer, nous poser des questions, participer et témoigner en studio anonymement ou non, proposer des idées de sujets, intégrer l’équipe de chroniqueurs(ses), une seule adresse :

 

Par email : amour.rcn@gmail.com 

 

Par courrier :

Radio Caraïb Nancy

Émission « Ce n’est que de l’amour »

1249 avenue Raymond Pinchard

54 000 NANCY

 

Les invité(e)s :


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*  José-Francis Machado,  président de l'association Les Joyeux Reporters.

 

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Photo : Avec l'aimable autorisation de François Noseda.

 

 Valérian Cadici, réalisateur du court-métrage contre l'homophobie Et si... 

 

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*  Emmanuel Thiébot, historien, directeur de collection et auteur de La Gay Pride : mascarade ou juste cause ? (Larousse).


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*   Le Collectif LGBT de la Marche Lorraine 2011 représenté par Matthieu Gatipon-Bachette.


Chroniques des petits gremlins de Ce n’est que de l’amour :


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*  Sylvain Asselot : Hypotypose.

 

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* Donia Bentrad, Hély Dana & Didier Rousset : micro-trottoir dans les rues de Nancy.

 

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* Hakim Tazi : Flash spécial sur les émeutes de Stonewall (avec Julien Gelly).

 

Programmation musicale de l’émission :

 

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Générique : « On ne choisit pas », Les White Niggaz (merci à Jean et Cyrille). Sortie de leur album : janvier 2011.


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Lester Bilal, « J'ai choisi ma danse ».


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N'Dep, « Dans l'arc-en-ciel ».

 

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Tati & Trent, « It's OK to be gay ».

  

Ils sont formidables, soutenez-les, achetez leur album, aidez-les…

 

Prochain rendez-vous : le mardi 21 juin 2011,  de 17 à 18 heures en direct sur RCN pour une spéciale "Sexe, porno gay et prévention"…

Par Daniel C. Hall - Publié dans : CE N'EST QUE DE L'AMOUR
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Samedi 21 mai 6 21 /05 /Mai 12:19

 

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FRÉQUENCE FAC

 

168.JPGPour écouter l'interview, cliquez sur ce lien ou sur les photos ci-dessus.

 

 

Nos ami(e)s de l'émission Fréquence Fac , sur France Bleu Sud Lorraine, interviewent Julien Gelly (le 17 mai), co-animateur de l'émission  Ce n'est que de l'amour et vice-président de l'association Équinoxe Nancy Lorraine, pour parler de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : CE N'EST QUE DE L'AMOUR
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Samedi 21 mai 6 21 /05 /Mai 11:49

 

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COIN DE RUE

 

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Pour écouter l'émission, cliquez sur ce lien ou sur les photos ci-dessus.

 

 

Arielle Christoflau, la voix de RCN 90.7 FM, reçoit Daniel Conrad (le 12 mai), producteur-animateur de l'émission  Ce n'est que de l'amour , pour parler de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie dans l'émission-vedette de la station Coin de rue.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : CE N'EST QUE DE L'AMOUR
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Mardi 10 mai 2 10 /05 /Mai 15:11

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Jean-Louis Garac vit à Nice et est passionné par la littérature et la poésie, l'art et le cinéma. Il aime également écrire sur des sujets divers des « billets d'humeur ». Il possède une maîtrise de lettres modernes et son sujet de mémoire a été consacré à Colette. Il tient un blog personnel d’une excellente qualité et participe au fonctionnement de plusieurs associations. Jean-Louis, qui n’est pas responsable du titre de sa chronique (c’est un mauvais jeu de mots, spécialité du chef Daniel C. Hall), entre avec classe dans la grande famille du blog Les Toiles Roses

 

08.

LA CONSTRUCTION DE JÉSUS, de BART EHRMAN

 

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Les éditions H&O, qui portent le nom de leurs créateurs Henri et Olivier, offrent une belle palette de livres pour tous les goûts : BD, romans d’aventures ou érotiques, romans littéraires, essais, photographies ! Loin du snobisme français en matière de publication, et avec beaucoup de courage et de détermination, H&O continue de publier des ouvrages d’une grande richesse qu’on aurait tort de négliger sous prétexte qu’il s’agit du rayon « homosexuel » ou estampillé comme tel.  

Avec La Construction de Jésus, les éditions H&O font connaître en France l’immense travail d’analyse et de recherche du théologien américain Bart Ehrman; ce livre, de façon très accessible, nous fait suivre une enquête très poussée sur ce personnage clef de l’histoire nommé « Jésus » et sur tous les écrits du Nouveau Testament.  

Jésus est d’autant plus incontournable dans notre civilisation qu’en son nom des hommes et des femmes ont « construit » diverses églises, ont promulgué des dogmes, ont forgé des lois, ont permis à des personnages eux aussi « construits » en partie, comme Paul, d’imprimer sur le monde une trace terrible de feu et de sang avec ce qu’ils considéraient être le « Bien » et ce qu’ils foudroyaient pour être le « Mal » !  

Les écrits de Paul par exemple ont ainsi considérablement nuit à la femme et ont repris des condamnations obscures contre l’homosexualité tirées du Lévitique oubliant que ni l’Exode, ni les Nombres, ni le Deutéronome dans l’Ancien Testament, ni les évangiles de son époque, en y incluant ceux considérés comme apocryphes aujourd’hui (une bonne vingtaine), n’ont jamais rien dit de tel…  

 

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Gustave Doré, Jésus.

 

Des auteurs et des philosophes comme Michel Onfray ont, dans plus d’un livre, ouvertement dénoncé ces falsifications criminelles ou ces « constructions » malsaines, pour reprendre un des termes clefs du livre de Bart Ehrman, qui polluent encore méchamment nos sociétés contemporaines. Il n’est donc pas vain de se replonger dans ces textes fondateurs qui touchent à la racine même de toutes les « constructions » mentales de la société occidentale et de toutes celles qui se réfèrent aux Livres dits « Saints », car en ce début du XXIème siècle, des religieux de divers horizons jusqu’au Pape continuent de marteler le même discours qui sclérose les individus en essayant de les culpabiliser sur ce qu’ils sont intrinsèquement : 

« En tant qu'êtres humains (les homosexuels) méritent le respect (…) ils ne doivent pas être rejetés à cause de cela. Le respect de l'être humain est tout à fait fondamental et décisif. Mais cela ne signifie pas que l'homosexualité soit juste pour autant. Elle reste (l’homosexualité) quelque chose qui s'oppose à l'essence même de ce que Dieu a voulu à l'origine. » dixit Benoît XVI dans son dernier livre Lumière du monde.

Nous sommes bien au cœur du problème, c'est-à-dire : qu’est-ce que « Dieu a voulu à l’origine » ? Comme personne n’était présent pour l’interviewer ou le filmer, c’est à travers les écrits sacrés qu’on pourra essayer de comprendre ce message. C’est en interrogeant tous les livres de la Bible et notamment les livres du Nouveau Testament que l’on va essayer d’approcher cet « enseignement divin » et c’est justement là que le chercheur, le théologien et par la suite le simple lecteur ou le simple croyant, va de surprise en surprise car ce qui est arrivé jusqu’à nous n’est qu’un ensemble de lambeaux de paroles, parfois incohérents ou incompatibles, que les premiers scribes ou religieux ont voulu enrichir à leur fantaisie ou combler de façon littéraire ; dans ces conditions qui peut aujourd’hui se prévaloir de connaître ce que Dieu a voulu à l’origine ?

 

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Rubens, Les 4 évangélistes.

 

Bart Ehrman, lui-même très croyant lorsqu’il arrive au séminaire théologique de Princeton en 1978, va voir ses certitudes fondre devant ce qu’il découvre petit à petit dans ses études, en passant tous les textes du Nouveau Testament et tous les autres non retenus par le « canon » au crible de la « critique historique » et de la « critique textuelle » ; sans oublier la « perspective historique » qui replace les événements et les comportements dans leur milieu socio-historique. Ainsi, sur le thème de l’homosexualité par exemple, comment peut-on se référer aujourd’hui aux propos de Paul pour les opposer à nos conceptions actuelles car la notion « d’orientation sexuelle » et « d’homosexualité » sont des notions créées au XIXème et au XXème siècles et qui n’avaient donc pas cours dans l’antiquité : « On peut difficilement prendre les prescriptions de Paul sur les relations homosexuelles, les extirper des présupposés de Paul sur le sexe et le genre, et les transplanter dans un autre discours sur le sexe et le genre. »

Or le discours officiel de toutes les églises a toujours été de s’arrêter à la lettre sans essayer de comprendre le contexte ou de se poser des questions pertinentes en comparant par exemple certains textes à d’autres, car les contradictions et les versions différentes fourmillent dans les évangiles et les autres écrits.

 

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Les 4 évangélistes et leurs symboles

 

Malheureusement, les hommes se cachent derrière leurs traditions comme les grands singes sous les palmes des forêts équatoriales. C’est pourquoi un livre aussi brillant que celui-ci doit permettre à tout le monde d’avoir une idée juste sur ces « témoignages » et les différentes péripéties de leur création afin de percevoir clairement de quelle façon s’est élaboré le christianisme !

Une autre constatation aussi édifiante, qui en dit long sur les mécanismes qui animent les sociétés humaines, c’est la cruelle absence d’intérêt pour la Bible des croyants eux-mêmes ! Bart Ehrman y revient plusieurs fois dans son étude : « Pour moi, il s’agit là de l’un des plus grands mystères de l’univers : comment tant de gens peuvent-ils vénérer la Bible, penser qu’il s’agit d’une révélation de Dieu à son peuple et en même temps la connaître si mal ? »

Il faut dire aussi que depuis que les études exégétiques ont commencé à se développer et à être indépendantes des églises, il y a environ plus de deux siècles, rarement les conclusions des chercheurs ont pu atteindre le grand public et s’y propager. Aujourd’hui, et suite à des livres et des émissions de vulgarisation comme Corpus Christi à la fin des années 90, le grand public peut enfin accéder à ce qui était connu d’un petit nombre de chercheurs.

 

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Édification d’une statue géante de Jésus en Pologne

 

À ceux qui se drapent dans les pages trouées des évangiles, dans les épîtres en patchwork ou dans les textes hétéroclites de l’Ancien Testament écrits des siècles et des siècles après les événements racontés, et qui croient connaître « ce que Dieu a voulu à l’origine », on ne pourrait que conseiller de lire attentivement ce livre très accessible, d’une grande clarté, où l’auteur ne se retranche pas derrière un discours distant et scientifique mais nous fait part également de son parcours d’homme et de croyant, pour remettre enfin les pendules à l’heure face aux croyants agressifs, aux créationnistes béats, et aux illuminés sans culture.

Pour conclure, je citerai ces deux passages essentiels et qui sont les clefs de voûte de cette enquête sur la figure de « Jésus » : « Il vaut mieux favoriser des lectures qui ne mènent pas au sexisme, au racisme, à la bigoterie et à l’oppression sous toutes ses formes » Il faut juger de tout ce que l’on entend et de tout ce que l’on voit – la prose inspirante de la Bible ou celle de Shakespeare, de Dostoïevski ou de George Eliot ; de Gandhi, de Desmond Tutu ou du Dalaï-lama. »

 

Notes :

Le site H&O, achat en ligne possible : éditions H&O

Sur Bart Ehrman : article wikipedia

Voir article Têtu : Têtu en ligne

Sur le même thème AFP : dépêche AFP

Sur le créationnisme : article wikipedia

 

Lire les autres chroniques de Jean-Louis Garac

Par Jean-Louis Garac - Publié dans : LA GARAC'ADEMY
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Samedi 23 avril 6 23 /04 /Avr 16:03

 

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RCN Nancy 90.7 FM (Radio Caraïb Nancy)


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Émission n°7 du 19 avril 2011

"Spéciale trans-identité :

transsexuel(le)s et transgenres"

Produite par Daniel Conrad

Animée par Daniel Conrad et Julien Gelly 

  14.JPGPour écouter l'émission, vous pouvez cliquer sur la photo ci-dessus...


Le troisième mardi de chaque mois EN DIRECT sur les ondes et sur internet, rediffusion le dimanche suivant de 14 à 15 heures, podcastable sur le site de RCN.

En fonction des aléas du Net, des serveurs et de la pleine lune, voici une page qui vous explique comment nous écouter par tous les moyens.

 

Vous êtes homos, hétéros, parents d’enfant homo, parents homos, enseignant(e)s, militant(e)s, artistes (peintres, réalisateurs, écrivains, etc.) sur Nancy et son département. Vous voulez nous écrire pour nous complimenter, nous critiquer, nous poser des questions, participer et témoigner en studio anonymement ou non, proposer des idées de sujets, intégrer l’équipe de chroniqueurs(ses), une seule adresse :

 

Par email : amour.rcn@gmail.com 

 

Par courrier :

Radio Caraïb Nancy

Émission « Ce n’est que de l’amour »

1249 avenue Raymond Pinchard

54 000 NANCY

 

Les invité(e)s :


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*  Stéphanie Nicot,  présidente de l'association nationale Trans Aide.

 

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*  Franceska Charront, trésorière des associations Trans Aide, Équinoxe Nancy Lorraine et du Collectif de la Marche Lorraine des fiertés 2011. 

 

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*  Docteur Erik Schneider, psychiatre, trans et co-fondateur de l'assocation Transgender Luxembourg .

 

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*   Erwan, trans, jeune homme ayant participé à une émission de Jean-Luc Delarue et participant de l'émission Secret Story 1 sur TF1.


Chroniques des petits gremlins de Ce n’est que de l’amour :


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*  Sylvain Asselot : Le Prisonnier.

 

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* Donia Bentrad, Hély Dana & Didier Rousset : micro-trottoir dans les rues de Nancy.


Événement :


* Le mariage du premier couple radiophonique gay de l'histoire de la radio française !  


Programmation musicale de l’émission :

 

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Générique : « On ne choisit pas », Les White Niggaz (merci à Jean et Cyrille). Sortie de leur album : janvier 2011.


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SheMale, « Être une femme ».


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Pilarsky, « Sans contrefaçon ».

 

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Zut, « Fille ou bien garçon ».

  

Ils sont formidables, soutenez-les, achetez leur album, aidez-les…

 

Prochain rendez-vous : le mardi 17 mai 2011,  de 17 à 18 heures en direct sur RCN pour une spéciale "Émeutes de Stonewall, Gay Pride et Marche des fiertés lorraine 2011"…

Par Daniel C. Hall - Publié dans : CE N'EST QUE DE L'AMOUR
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Mercredi 20 avril 3 20 /04 /Avr 17:41

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« L'homosexuel craint la totalité, l'absolu en amour. Il distingue donc le physique de l'amour. Mais maintenant je constate que par suite de ma sympathie et parce que je rencontre chez l'homosexuel les mêmes hostilités et les mêmes rébellions envers celui des deux parents qui se montre dominateur, possessif, volontaire, j'éprouve de la sympathie pour leur manière perverse de circonvenir la relation homme-femme. [...]

Nous projetons sur autrui le Moi que nous ne pouvons supporter, afin de pouvoir le détester chez les autres et le détruire. Ces éléments condamnés sont nécessaires à la vie. Lorsqu'on les tue, on tue la vie. Mais l'idéal en moi les niait. Tout chez moi est contrôlé et passe par des voies détournées. Je le vois maintenant. [...]

Je ne sais si cela tient au fait que je connais tellement d'artistes qui ont été définis par Baudelaire comme étant homme, femme et enfant à la fois, ou bien des adultes qui n'ont jamais détruit en eux la vision fraîche de l'enfant, mais ce que je vois chez l'homosexuel est différent de ce que les autres y voient. Je ne vois jamais la perversion, mais plutôt quelque chose d'enfantin, une pause dans l'enfance ou l'adolescence lorsque l'on hésite sur le seuil du monde adulte. La relation fondée sur l'identification, la ressemblance ou « le double », sur le narcissisme, est un choix plus facile et moins exigeant que celui entre les hommes et les femmes. C'est presque incestueux, comme un lien de parenté. Il est vrai qu'il peut y avoir chez l'un davantage de traits masculins, et chez l'autre davantage de traits féminins, de sorte qu'ils peuvent s'équilibrer ou se compléter. Mais chaque fois que j'ai rencontré un homosexuel, ce que j'ai trouvé c'était de l'infantilisme. Il y avait souvent aussi une parodie des parents et des grands-parents, un attachement au passé, un amour des objets anciens, toujours une fixation sur la préadolescence lorsque nos inclinations sexuelles ne sont pas encore cristallisées et toujours quelque événement traumatisant qui provoquait la peur de la femme, d'où la haine à son égard. » Anaïs Nin, Journal 1944-1947, éditions Le Livre de Poche, 1978, ISBN : 225301611X, pages 208 à 210.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 14 avril 4 14 /04 /Avr 11:06

 



06.

État des lieux du

théâtre homo actuel

 

Philippe Ariño



Philippe Ariño, né en 1980 à Cholet, est professeur d’espagnol en région parisienne, écrivain (il a publié aux éditions L’Harmattan un essai en quatre tomes sur les liens entre viol et désir homosexuel : www.araigneedudesert.fr), chroniqueur radio sur Fréquence Paris Plurielle (106.3 FM) à l’émission HomoMicro, et comédien (il a 10 ans de théâtre derrière lui et s'est lancé dans le one-man-show). Il offre un œil nouveau et étonnamment complet sur la culture homosexuelle.

phil1.jpg Histoire d’âmes  (2010) de Lilian Lloyd 

 

Dans ce nouveau Phil de l’Araignée, je vais sortir mon masque d’homme de théâtre pour vous proposer un petit tour d’horizon de ce qui se joue au sujet de l’homosexualité sur les scènes des salles de France et d’ailleurs, depuis les années 1975 à nos jours[1]. Actuellement, le regard panoramique sur la création dramaturgique crypto-gay fait défaut, et comme j’ai assisté à beaucoup de représentations et de mises en scène, je pense être apte à vous proposer une typologie relativement complète des pièces de l’homosexualité dans le théâtre contemporain.

 

Pendant mes deux premières années à Paris, de 2006 à 2008, avant que mon livre ne paraisse, j’avais décidé d’étoffer mes références dramaturgiques homosexuelles. J’étais assez satisfait de mon bagage culturel cinématographique, romanesque, télévisuel : il me manquait le théâtre ! Je me suis donc résolu à rattraper mon retard et à explorer l’univers homo-érotique des planches. En deux ans, j’ai vu rien moins que 160 pièces traitant d’homosexualité. Je me baladais dans Paris, à Avignon, à Madrid, mon carnet de notes en main. Le Pariscope, je l’épluchais chaque semaine consciencieusement, et c’était devenu ma Bible. J’ai presque toujours eu le nez creux pour identifier les drames qui parlaient d’homosexualité. Pour qu’une pièce puisse rentrer dans la catégorie de « pièce homosexuelle », il fallait qu’elle remplisse un des trois (sinon les trois) critères suivants : soit l’auteur devait être connu comme une personne homo (assumée ou non), soit le héros ou l’un des personnes secondaires devait être homo-bi-trans, soit le public visé/attiré par cette pièce devait être homo. À présent, j’ai largement dépassé les 200 pièces visionnées (je n’ai pas fait le compte exact, mais je dois en avoir vues pas loin de 250). Depuis 2006 (j’avais commencé un peu avant : en 2003), je cours de grands théâtres en petits cabarets, de Théâtres Nationaux en minuscules salles de 15 personnes. Ma petite expérience de comédien a aiguisé au fur et à mesure mon regard et mes attentes[2].

 

Encore aujourd’hui, je continue mon investigation du théâtre homo français et international. Je dis « international » car certaines pièces étrangères arrivent en France, et que, même si je suis évidemment plus proche du théâtre francophone et parisien, je ne pense pas qu’il y ait fondamentalement une grande différence entre le théâtre homo français et le théâtre homo étranger, ni entre le théâtre homo de la capitale et celui de la province, ni entre le théâtre lesbien et le théâtre gay. Le désir homosexuel est atemporel et ne change pas, en dépit des époques, de la singularité des auteurs, de leur identité sexuée et de leur vécu. Au milieu d’un public anonyme plongé dans l’obscurité, je suis là, comme un vrai Sherlock Holmes, à l’affût des détails que personne ne semble entendre/comprendre sauf moi, émerveillé et surpris par la justesse de mon Dictionnaire (même si certains penseront que je « sur-interprète » pour donner raison à mes projections personnelles). Je ressors très souvent d’une pièce de théâtre homosexuelle tout joyeux, avec l’envie irrépressible de crier ma trouvaille, tel l’archéologue ayant décelé les vestiges d’une cité antique cachée, … pendant que les autres spectateurs ressortent en baillant ou avec la maigre satisfaction d’avoir passé un « bon moment ».

 

2---Cage-aux-folles.jpgLa Cage aux folles  (1973) de Jean Poiret 

 

Quand j’assiste à une pièce, il arrive que j’étonne, j’intrigue (souvent), j’agace (rarement), j’inquiète. On me prend pour un dangereux journaliste : « Mais qui était ce mec au premier rang qui n’arrêtait pas de griffonner des notes pendant notre pièce ??? » se demandent fréquemment les comédiens sur scène (ils me l’avouent quand on se parle après le spectacle). J’apporte une lecture nouvelle qui dépasse le simple terrain des goûts (j’aime/j’aime pas) pour aller au sens des mots et des actions scéniques. En général, les auteurs de théâtre, les metteurs en scène, et les comédiens, que j’attends parfois à la fin de leur show, apprécient que je ne fasse pas de critique boboïsante Télérama ou de lecture moralisante de leur travail, que je ne me centre pas uniquement sur mes petits goûts et mes petites impressions (« La mise en scène était moyenne, je n’aurais pas fait ça comme ça. » ; « Tel comédien n’était pas sincère et jouait mal. » ; « J’adore l’écriture de cet auteur : c’est lumineux, émouvant, corrosif, vraiment avant-gardiste. C’est génial. Et tellement drôôôle… » ; « J’aime beaucoup ce que vous faites… » ; etc.) mais au contraire que je m’attache à ce que je vois et entends, sans chercher à dire si j’ai aimé ou pas… car la plupart du temps, je n’aime pas le théâtre créé par les auteurs homos ou traitant d’homosexualité : il me passionne vu qu’il contient plein de symboles à commenter, mais objectivement, je le trouve fade, de mauvaise qualité, totalitaire, politiquement correct – y compris dans l’anti-politiquement correct –, vide d’idées fortes qui aideraient à vivre. Pour moi, un vrai critique de théâtre ne doit pas commencer par donner son avis : il a le devoir de courtoisie et d'écoute envers la création dont il dresse le portrait, bien avant de se positionner « pour » ou « contre ». S’il a aimé, cela doit à peine se voir dans un premier temps. S’il a détesté aussi. Tant d’œuvres sont balayées d’un revers de main, n’ont pas le temps d’exister, d’être goûtées et analysées, parce qu’on les considère hâtivement comme trop « clichées » ou trop « merdiques »… C’est en analysant d’une part cette auto-censure de la communauté homo/hétéro envers sa propre production, et d’autre part le langage inconsciemment codé d’œuvres jugées mineures, que j’ai découvert un trésor ! Il n’y a fondamentalement aucune pièce homosexuelle à éviter. Même celles qui m’ont le plus ennuyé, elles m’ont finalement passionné. Même les plus mauvaises ont été riches d’enseignement sur le désir homo, à l’insu des naïfs et sincères cerveaux des dramaturges qui les ont pondues.

 

Alors les quelques catégories de théâtre homo que je vais vous dessiner à présent ne sont pas hiérarchisables en termes de bon ou de mauvais goût, de pièces à éviter, à huer, ou au contraire à aller voir absolument. Des goûts et des couleurs, il n’y a rien d’écrit (même si je ne cacherai pas mes préférences). Tout ce que je souhaite, c’est qu’à l’issue de la lecture de ce petit catalogue non-exhaustif du théâtre gay et lesbien, je vous donnerai encore plus envie d’assister à des pièces sur l’homosexualité, et surtout à celles qui regorgent de clichés qui agacent le plus la communauté homosexuelle. Ce sont ces dernières qui détiennent le plus de clés de l’énigme du désir homosexuel.

 

1 – Le Boulevard beauf gay friendly :

 

3--Bonjour-ivresse.jpgBonjour Ivresse !  (2010) de Franck Le Hen 

 

Dans cette catégorie, on peut y caser notamment La Cage aux folles (1973) de Jean Poiret, Pauvre France (1982) de Ron Clark et Sam Bobrick, Un Mariage follement gai ! (2008) de Thierry Dgim, Les Monologues du Pénis (2007) de Carlos Goncalves, Les Deux Pieds dans le Bonheur (2008) de Géraldine Therre et Erwin Zirmi, Jupe obligatoire (2008) de Nathalie Vierne, Un Lit pour trois (2010) d’Yvan Tournel, Et Dieu créa les folles… (2009) de Corinne Natali, Le Gai Mariage (2010) de Gérard Bitton et Michel Munz, Nos Amis les bobos (2007) d’Alain Chapuis, Pas folle, le Gay ! (2006) de Gianni Corvi, Transes… Sexuelles (2007) de Rina Novi, Coloc’ à taire ! (2010) de Grégory Amsis, À plein régime (2008) de François Rimbau, D’habitude j’me marie pas ! (2008) de Stéphane Hénon, Open Bed (2008) de David Serrano, Une Cigogne pour Trois (2008) de Romuald Jankow, Le Gang des Potiches (2010) de Karine Dubernet, Les Homos préfèrent les Blondes (2007) de Franck Le Hen, Son Mec à moi (2007) de Patrick Hernandez, etc.

 

Ce sont, en somme, toutes des pièces de la vulgarisation de l’homosexualité, qui effleurent le sujet uniquement parce que c’est à la mode, mais sans l’approfondir vraiment. À mi-chemin entre le Théâtre de Boulevard et « Le Miel et les Abeilles », ces comédies – souvent taxées de « ringardes » – privilégient le registre du divertissement, en exploitant jusqu’à l’usure les quiproquos qu’offre la confusion des sexes ou des genres. Ce sont aujourd’hui les pièces de l’homosexualité qui remportent le plus de succès. Si elles abordent la question du couple homo, c’est soit pour le montrer comme acceptable et beau, soit pour le rendre digne de pitié (dans le second cas, la victimisation est de mise et sera montrée comme un audacieux engagement politique en faveur des « discriminations homophobes »). Le point commun entre ces différentes créations, c’est qu’on ne sait toujours pas, même après les avoir vues, si oui ou non elles ont été écrites par des individus homos ou des individus hétéros bien-pensants. Le doute est permis, tant il est beaucoup plus question de bisexualité, de libertinage généralisé, d’anti-normes et d’anti-identités, que d’amour homo. Le personnage homo n’est d’ailleurs pas toujours mis en avant ni à son avantage : il peut être une figure secondaire, plus ou moins bien intégrée au reste des autres personnages. Il est présenté comme un être à la fois complètement extra-terrestre (arrive alors la flamboyante figure de la tapette, du travesti efféminé, ou du transsexuel insupportable, qui va amuser la galerie), ou au contraire complètement invisible (tant son étiquetage sexuel ne doit pas le déterminer comme uniquement « homosexuel » mais comme un simple « amoureux errant »).

 

4---Un-Mariage-follement-gai.jpgUn Mariage follement gai !  (2008) de Thierry Dgim 

 

Ce sont des pièces qui, clairement, suivent le sens du vent. Leur époque parle de l’homoparentalité, de la bisexualité, de la transsexualité, de la nécessaire libération des femmes et de la reconnaissance de leur « plaisir sans l’homme », des droits « des » homos ? Eh bien elles vont donc s’en faire docilement le relais, de manière complètement décomplexée et relativiste ! Entre la farce potache et la pièce pseudo engagée, ces « clowneries de Réveillon » sympathiques et touche-à-tout des soi-disant « tabous sociaux » (le sexe, la domination masculine, la religion, la politique, l’argent, l’orgasme féminin, etc.) n’approfondissent rien. Leur message sur le désir homosexuel est très simpliste et manichéen. Il ne prône que l’acceptation inconditionnelle des différences, et un mode de vie libertaire. C’est léger. Et aucun des spectateurs ne va s’en plaindre à la sortie puisqu’on ne lui a pas servi autre chose de plus goûteux. « Monsieur Tout le Monde » se rend habituellement à ce type de pièces pour rigoler un bon coup, se changer les idées, et certainement pas pour en tirer une analyse approfondie sur l’homosexualité.

 

Pour finir de parler de ces vaudevilles gay friendly rafraîchissants dont personne ne semble vraiment prêter attention mais que pourtant beaucoup connaissent et vont quand même voir, il est étonnant de voir comment l’ouverture populiste vers le monde « hétéro » dont ils témoignent agace prodigieusement les membres de la communauté homo qui détestent se voir « stigmatiser positivement » sous forme de clichés qu’ils jugent caricaturaux et insultants. C’est bien parce qu’ils prouvent la faiblesse risible du désir homosexuel que ces shows sont boudés par une grande partie des personnes homosexuelles. Et pourtant, dans leur naïveté, ils sont les livres ouverts de l’homosexualité, des nids à symboles ! Le code homosexuel est le langage de l’inconscient collectif violent : il fait rire, pleurer, et on ne comprend pas pourquoi il parvient à provoquer deux réactions aussi contraires tant celui-ci s’annonce sous les hospices de la banalité. C’est purement et simplement fascinant.

 

2 - Les pièces communautaires :

 

5---Madame-Mouchabeurre-Heim.jpgMadame Mouchabeurre  (2009) de Michel Heim, par les Caramels Fous 

 

Parmi les fictions que je baptiserais de « pièces communautaires », on peut trouver des pièces telles que Qui aime bien trahit bien (2008) de Vincent Delboy, Bang Bang (2009) des Lascars Gays, Faim d’année (2007) de Franck Arrondeau, La Belle et la Bière (2010) d’Emmanuel Pallas, La Bête au bois dormant (2007) de Michel Heim, Peep Musical Show (2009) de Franck Jeuffroy, Panique à Bord (2007) de Stéphane Laporte, Le Cabaret des Hommes perdus (2006) de Christian Siméon, L’Opération du Saint-Esprit (2007) des Caramels fous, Un Barbu sur le Net (2007) de Louis Julien, Angels in America (2008) de Tony Kushner, Jeffrey (1993) de Paul Rudnick, Comme ils disent… (2009) de Christophe Dauphin et Stéphane Rocher, Entre vos murs (2008) de Samuel Ganes, Bent (1979) de Martin Sherman, etc.

 

Cette catégorie est moins gay friendly que clairement homo. Même si elle se rapproche « dangereusement » de la première catégorie dont il était question ci-dessus, et qu’elle use et abuse des mêmes ressorts comiques et des clichés les plus courus de la culture homosexuelle (notamment le personnage de la Grande Folle, de la lesbienne butch/fem, ou du Steevy abonné au club de muscu), elle prétend à davantage de recul par rapport aux pièces « beaufs » de l’homosexualité. Elle passe pour ainsi dire du kitsch au camp, du rire à l’ironie et à l’auto-dérision, de l’idéalisation à la destruction. Les pièces communautaires, clairement affichées « homos », ciblent déjà une population homo un peu plus restreinte, une « clientèle labélisée » on va dire. Elles sont sponsorisées par Têtu, Le Tango, PREF Mag, ou Yagg, et sont parfois programmées dans des festivals 100 % gay. On a l’impression qu’elles se jouent davantage « entre copains qui se connaissent », devant une assistance familiale, acquise d’avance, et triée sur le volet, que pour un large public néophyte. Contrairement aux comédies de boulevard, ici, les comédiens, ou l’auteur, ou le metteur en scène, si ce n’est pas les trois réunis, s’affichent clairement en tant qu’« homos ». Ce type de pièces est plus militant, plus politisé. Le personnage de l’homosexuel n’est plus seulement là pour faire rire : il monte aussi sur scène pour défendre son identité ou son amour homosexuels, et il est le personnage principal. Les références communautaires peu généralistes (le poppers, les us et coutumes internes au monde homo, les pratiques sexuelles, le Sida, l’humour « langue de pute », la déportation sous le nazisme, etc.), les emprunts artistiques (la citation des chanteuses icones gay par exemple), et les private joke du « milieu homo », y sont plus nombreux. Les pièces communautaires, à la différence des pièces beaufs, ont tendance à jouer davantage sur la corde sensible et mélodramatique. On y voit certes toujours la même Zaza, mais cette fois, son maquillage coule, elle a une jambe de bois, elle a été défigurée dans un accident de voiture, elle a perdu sa jeunesse d’antan, elle se venge sur son public : c’est la femme violée et violente qui est mise à l’honneur dans ces pièces communautaires ; et l’amour homo déçu qui est chanté… même si, là encore, on assiste toujours à la même idéalisation aveugle de l’identité homo et de l’amour homo, quand bien même celle-ci soit pleurnicharde, plus raffinée (avec les gants de velours de Lisa Minelli), plus intimiste, plus chargée de pathos, plus cynique, plus chantante (au passage, il n’est pas étonnant qu’on trouve dans cette catégorie de pièces un plus grand nombre de comédies musicales : la nostalgie sentimentaliste est le carburant de ces spectacles 100 % gay qui empruntent énormément au music-hall).

 

3 – Les pièces psychologiques :

 

6.jpgParfum d’Intimité  (2008) de Michel Tremblay 

 

Souvent, les pièces psychologiques homos sont des huis-clos qui promettent d’être riches en analyse. Ils sont censés nous sortir de l’habituel marasme intellectuel dans lequel le théâtre LGBT semble plongé : on peut citer par exemple Juste la fin du monde (1990) de Jean-Luc Lagarce, Une Rupture d’aujourd’hui (2007) de Jacques-Yves Henri, Parfum d’Intimité (2008) de Michel Tremblay, Homosexualité (2008) de Jean-Luc Jeener, Quand mon cœur bat je veux que tu l’entendes (2008) d’Alberto Lombardo, Un Cœur en herbe (2010) de Christophe Botti, Dans la Solitude des champs de coton (1985) de Bernard-Marie Koltès, Une Journée particulière (1977) d’Ettore Scola, Le Baiser de la Femme-Araignée (1976) de Manuel Puig, Confidences (2008) de Florence Azémar, Inconcevable (2007) de Jordan Beswick, Une Souris verte (2008) de Douglas Carter Beane, Confidences entre frères (2008) de Kevin Champenois, Sur ma colline (2009) de Marc Weidemann, Chroniques des Temps de Sida (2009) de Bruno Dairou, Les Larmes amères de Petra Von Kant (1971) de Fassbinder, Perthus (2009) de Jean-Marie Besset, etc.

 

7--Happy-Birthday-Daddy.jpg Happy Birthday Daddy  (2008) de Christophe Averlan

 

Ces pièces ne cherchent plus à faire rire ni à détruire les clichés de l’homosexualité. Elles mettent précisément en scène des personnages clairement homosexuels qui utilisent ces mêmes clichés de l’homosexualité pour soi-disant les « dépasser », les « transcender », en se positionnant intellectuellement en deçà de l’étiquetage post-moderne des sexualités. Ce théâtre d’introspection n’est ni chagrin, ni trop ennuyant à suivre, ni de la masturbation intellectuelle. Il vise à rejoindre les personnes homosexuelles au cœur de leurs réflexions et de leurs interrogations quotidiennes : on trouve ainsi un théâtre plus réaliste, plus proche de nous, où on peut aisément s’identifier aux protagonistes, où les méchants et les gentils n’existent plus. Il propose des dialogues parfois musclés et bien écrits, qui font réfléchir. Concrètement, on pourrait très bien dire qu’il s’agit de débats théâtralisés (sur la confusion des sentiments, sur le coming out, sur la vie de couple homo, sur les ambiguïtés du désir homosexuel, sur la diversité capricieuse de la communauté homosexuelle et de ses combats politiques), des discussions qui restent ouvertes même quand le rideau final est tombé. Le seul gros bémol de ces pièces psychologiques, c’est qu’on nous ressert toujours les mêmes thématiques (Comment faire son coming out ? Comment gérer l’annonce de son homosexualité au travail et avec la famille ? Comment lutter contre l’homophobie ? Faut-il vivre la fidélité exclusive au sein de son couple homo ? Faut-il adopter des enfants ou se marier quand on est homo ? Quel est mon rapport au communautarisme et au ghetto marchand gay ? Comment gérer l’arrivée de la vieillesse et le monde de la drague homosexuelle ? Homosexualité et foi, quelle issue ? etc.) pour mieux évacuer la question du bien-fondé de l’identité homosexuelle ou de la force d’amour du désir homosexuel. Toute résistance et contestation de ces deux piliers idéologiques de la communauté homosexuelle mondiale est interprétée au diapason de la victimisation homosexuelle et du rejet social homophobe. Du coup, on tourne autour du pot ; on n’affronte pas les sujets ; on brasse généralement de fausses problématiques puisqu’on ne veut pas questionner la nature authentico-artificielle (ou, si vous voulez, mi-aimante mi-violente) du désir homosexuel, ni les coïncidences de ce dernier ; on se focalise bêtement sur les « comment ? » plutôt que sur les « pourquoi ? ». La discussion de fond est alors prise en sandwich entre le témoignage émotionnel « je » (autrement dit, on nous livre un échantillon de portraits de personnages gay ou lesbiens qu’on veut sortir des archétypes habituels) et la réflexion désabusée sur la vacuité de la communauté homosexuelle, de l’identité globale de l’individu, ou de l’amour en général. Vu la perspective qu’offraient à priori ces pièces psychologiques, autant dire qu’on ressort vraiment déçu du sur-place intellectuel dont on a été témoin pendant une heure et demie, surtout si on aime habituellement creuser à fond un thème et qu’on a un tant soit peu de passion des débats où « ça parle de quelque chose » ! Alors je me tourne vers nos dramaturges homosexuels et j’ai envie de leur demander : Mais quand est-ce que les discussions qu’ils mettent en scène vont ENFIN décoller et que le théâtre homo sortira de ses bien-pensances pour nous bousculer vraiment ?

 

4 – Les pièces de l’homosexualité invisible :

 

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Et puis j’ai demandé à Christian de jouer l’intro de Ziggy Stardust  (2009) de Renaud Cojo

 

Une autre grande famille de pièces homosexuelles est celle des créations de l’homosexualité de l’ombre, une homosexualité qui est vécue par des personnalités qui préfèrent la cantonner dans la sphère strictement privée : je pense à des créations comme Et puis j’ai demandé à Christian de jouer l’intro de Ziggy Stardust (2009) de Renaud Cojo, Érik Satie… Qui aime bien Satie bien (2009) de Brigitte Bladou, L’Orféo (2009) d’Alessandro Striggio, Macbeth (1623) de William Shakespeare, Guantanamour (2008) de Gérald Garutti, Les Babas Cadres (2008) de Christian Dob,Casimir et Caroline (2009) de Ödön von Horváth, Cannibales (2008) de Ronan Chéneau, L’Héritage de la femme-araignée (2007), Doubles (2008), Les Frères du Bled (2010) de Christophe et Stéphane Botti, etc.). Loin de leur jeter la pierre à cause de leur manque de visibilité homosexuelle, je trouve au contraire que ces pièces gagnent en profondeur par leur pudeur et leur discrétion. D’ailleurs, en y assistant, on tombe souvent sur d’« heureux hasards », sur des indices d’homosexualité latente nichés presque accidentellement dans les textes ou dans l’intrigue, ayant miraculeusement passé le grillage du tamis de la censure homophobe : il faut généralement aller les chercher, et être un bon connaisseur des codes symboliques employés par le désir homosexuel, pour les identifier. Mais on y arrive sans trop de mal quand même !

 

On pourrait croire qu’il s’agit de pièces datant d’une époque révolue, où l’homosexualité n’était pas dite au grand jour parce que condamnée à la damnation et au silence (je pense par exemple au théâtre de William Shakespeare, Jean Cocteau, Federico García Lorca, Colette, Tennessee Williams, etc.), mais en réalité, il n’en est rien, et je ne pense pas que cette censure soit fondamentalement une question de contexte historique : elle a à voir avec la nature-même du désir homosexuel, qui se nie tout en se disant. Ce théâtre de l’homosexualité invisible revient actuellement en force (Fassbinder, Stefan Zweig, Harold Pinter, Jean-Luc Lagarce, Gilles Tourman, Jérôme Savary, Jérôme Commandeur, etc.), surtout dans notre climat social qui est de plus en plus à l’asexualité et à la contestation des nouvelles catégories marchandes de la sexualité (gay/lesbienne/bi/trans/hétéro).

 

8---Guantanamour.jpg Guantanamour  (2008) de Gérald Garutti

 

Il s’agit d’un théâtre écrit ou joué par des artistes qui ne veulent pas placer leur identité homosexuelle ou leur amour homosexuel sur un piédestal, ni tomber dans un prosélytisme et un militantisme qu’ils jugent caricaturaux et agaçants. Attitude à priori intelligente et ouverte ! Cet éloignement par rapport au désir homosexuel a ceci de positif que ces spectacles crypto-gay nous proposent une pensée plus universelle sur l’amour, une distance critique salutaire nous permettant de laisser l’homosexualité à sa juste place de détail de notre identité. Le problème, c’est que le désir homosexuel y est tellement peu visible et peu assumé par ces « auteurs homosexuels de l’ombre » que leur approche de la sexualité est soumise à une censure qui appauvrit le sens de leur production. S’éloigner à l’excès du tableau homosexuel revient à le rejoindre sans s’en rendre compte, à le transformer en mur transparent qui nous empêche d’accéder à une pensée plus large sur l’identité et l’amour. Le désir homosexuel a beau ne pas être notre désir profond, il existe tout de même et est à prendre en compte : plus on nie le conditionnement dont il est le témoin et/ou l’agent, plus il nous conditionne à notre insu.

 

Cette catégorie de pièces est la moins facile à analyser au niveau des codes du désir homosexuel, car le sujet de l’homosexualité est peu présent dans les mots des comédiens. Fatalement, cela donne des textes moins riches pour l’homotextualité. Cela dit, plus on cherche à mettre un couvercle sur le désir homosexuel, plus il ressort d’une manière codée dans les discours, sous forme d’un hiéroglyphe dont le langage échappe même à celui qui l’a écrit. C’est la raison pour laquelle il n’est pas inintéressant de se pencher très sérieusement sur ces pièces de l’homosexualité invisible, en veillant toutefois à ne pas tout « homosexualiser » sous prétexte qu’on connaît par ouï-dire l’homosexualité de tel metteur en scène/comédien, ou que ces spectacles seraient l’expression d’une homosexualité latente indiscutable et divine du fait d’être effacée.

 

5 – Le Théâtre Queer, performer :

 

9--Cannibales.jpgCannibales  (2008) de Ronan Chéneau

 

Dans un tout autre style, on retrouve le Théâtre queer. Il réunit des pièces telles que Jerk (2008) de Dennis Cooper, Big Shoot (2008) de Koffi Kwahulé, Mon Amour (2009) d’Emmanuel Adely, Le Frigo (1983) de Copi, Les Amers (2008) de Mathieu Beurton, Cannibales (2008) de Ronan Chéneau, My Scum (2008) de Stanislas Briche, Des Lear (2009) de Vincent Nadal, La Star des Oublis (2009) d’Ivane Daoudi, Golgotha (2009) de Steven Cohen, Howlin’ (2008) d’Allen Ginsberg, Le Cabaret des Utopies (2008) du Groupe Incognito, etc.

 

Ces pièces « originales », réservées à une élite culturelle issue des conservatoires d’arts modernes, font la joie des snobs en mal de créativité, haïssant l’art populaire… Le souci, c'est qu'elles font par ailleurs l’ennui de l’ensemble de la population normalement constituée ! Pénibles à suivre, il est fréquent qu’elles ne fassent pas l’unanimité (certains spectateurs quittent la salle avant la fin des représentations…), qu’elles rasent profondément leur monde (et pour cause ! : elles sont objectivement chiantes et traînent souvent en longueur). Elles ont pour caractéristique de ne pas faire rire. Elles sont jouées d’ailleurs avec un cérémoniel sérieux : même les « pétages de plombs » (s’il y en a) des comédiens, qui au départ faisaient sourire par leur hilarité parfois hystérique, finissent par glacer l’assistance tellement ils arrivent de manière impromptue dans l’intrigue et semblent involontaires, égoïstes. Mais attention ! Il ne faut surtout pas critiquer ces pièces queer ni dénoncer leur nullité : car c’est de l’Art ! et l’Art n’aurait absolument rien à partager avec l’éthique ! Bien évidemment, ces oeuvres dramatiques n’ont pas toujours de trame narrative ou d’histoire à raconter. Elles procèdent de l’écriture automatique. Elles sont des terrains d’expérimentation, des « laboratoires de l’acteur » comme dirait Hélène Zidi-Cheruy. Elles utilisent toujours les mêmes ficelles idéologiques et esthétiques : la scatologie, la pornographie, l’anticléricalisme, l’attaque du pouvoir politique et des bourgeois, le Pop Art à la sauce seventies, etc. Il existe une étroite collaboration entre théâtre homosexuel queer et nouvelles technologies, arts audiovisuels. Les dramaturges de l’homosexualité anti-normative aiment mélanger le théâtre avec l’outil multimédia, la photo, les effets spéciaux (images au ralenti, en accéléré, sur écran géant, déformées ou liées à des sons inédits, etc.), la danse, le cirque, les jeux de lumières, les écrans de télévision occupant toute la scène, les décors design et improbables, les arrangements musicaux électro, etc. Le théâtre queer louvoie avec le cinéma, la musique, les arts plastiques, et surtout les happenings (ceux qui cherchent à tout prix à surprendre et à provoquer leur public, quitte à le maltraiter). Généralement, à la fin de la représentation, on a envie de souhaiter bon courage au personnel de ménage ! Les comédiens ont laissé derrière eux un beau bazar ! (eau sur scène – quand ce n’est pas sur le public ! –, peinture, faux sang, farine, œufs, acte iconoclaste à l’encontre d’une toile ou d’un miroir, pluie de polystyrène, etc.). Les pièces queer semblent se tourner vers le passé (par exemple, elles réadaptent au « mauvais goût » du jour les pièces du répertoire dramatique classique : je pense notamment à la mise en scène de La Religieuse (1760) de Denis Diderot par Anaïs Gabay en 2008, à l’adaptation « libre » du Funambule (1958) de Jean Genet par Pierre Constant en 2008, à la pathétique mise en scène d’Une Saison en Enfer d’Arthur Rimbaud par Nâzim Boudjenah en 2008, à la version SM des Précieuses Ridicules de la pièce de Molière par Damien Poinsard, etc.)… mais ce retour vers la tradition n’est que poudre aux yeux : il ne s’agit pas de « faire mémoire » ni d’honorer les ancêtres, mais au contraire de travestir l’histoire dans un esthétisme « trash-bourgeois » loufoque, qui n’a la puissance que des intentions ( = la dénonciation anti-fasciste et la défense de la liberté illimitée) et du mime.

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Golgotha  (2009) de Steven Cohen

 

Il y a dans ces pièces queerisantes pour snobinards soixante-huitards laïcards quelque chose de la nostalgie désabusée des enfants « désenchantés » homosexuels. On nous fait assister à un jeu de massacre (massacre des mots, des styles, des corps...), avec des comédiens qui se prennent pour des objets et qui miment sur leur propre corps, asexué pour l’occasion, nu de préférence, morcelé, puant, et sanguinolent, une oppression sociale mécaniste dont la communauté homosexuelle, et l’ensemble des êtres humains dont elle serait la digne représentante, pâtirait.

 

En quelques mots, ce théâtre sent le style bobo des trentenaires gauchistes dégoûtés par la gauche, déçus par l’amour en général, en panne d’identité. Ils nous déversent leur mal-être dans un romantisme sale et un peu « barré ». Si bien qu’après avoir vu leur déprime, on hésite à applaudir à la fin tellement on a trouvé ça minable. Leur délire narcissique et solitaire fait chier tout le monde, mais personne n’ose le dire. Les pièces queer n’ont qu’une seule chose à nous apprendre : c’est qu’elles n’ont justement rien à nous dire (du moins, c’est ce qu’elles donnent à croire !). Ayant choisi la révolte, l’anticonformisme et la destruction comme moyens privilégiés d’expression, elles imposent l’action par l’image, l’affirmation de l’identité humaine sur le mode de l’éclatement et de l’exhibitionnisme morbide. Selon elles, on n’« est » pas : on « devient ». On n’a pas de sexe (« le sexe, c’est une construction culturelle ») mais seulement un « genre » (genre mouvant, fluctuant, multiple, et indéfinissable). On n’est pas réel : notre corps est poétique et clinique. On n’a pas d’orientation sexuelle ni de désir permanent : on vibre pour « quelqu’un » quel que soit notre/son sexe, on « ressent », on est « amoureux », on est tous des anges, on vit d’extase, … et surtout on meurt. Inutile de dire que cette vision nihiliste et planante de l’amour témoigne d’un profond éloignement des réalités humaines, sociales et politiques (même si le mouvement queer politise à l’extrême son verbiage poétisant pour nier qu’il fume un peu trop de la moquette…) et qu’il encourage scéniquement à toutes les excentricités. Mais ne nous laissons pas impressionner par ce pseudo bordel « insensé » qui n’est transcendant qu’en intentions : il est bien plus organisé et signifiant que ce que ses auteurs disent. C’est le foutoir organisé des surréalistes. Après tout, ce n’est pas parce que certains surréalistes ne se comprennent pas eux-mêmes que leur partition néo-baroque dissonante n’est pas déchiffrable par d'autres. Je dirais même plus ! Moins une pièce prétend donner du Sens, plus ce que son inconscient symbolique exprime en a !

 

6 – Les one-man-show homosexuels :

 

11--Lesbienne-invisible.jpgLa Lesbienne invisible  (2009-2010) d'Océane Rose-Marie

 

Dans cette catégorie, je classerais des œuvres telles que Vierge et Rebelle (2008) de Camille Broquet, Comme son nom l’indique (2008) de Laurent Lafitte, Betty Speaks (2009) de Louise Deville, Entre fous émois (2008) de Jarry, Jérôme commandeur se fait discret (2008) de Jérôme Commandeur, La Lesbienne invisible de Océane Rose-Marie, Pareil… mais en mieux (2010) d’Arnaud Ducret, Les Colocataires (2008-2010) de la Troupe d’Improvisation du Bout, J’ai jamais été aussi vieux (2010) de Pierre Palmade, Madame H. racontant sa Saga des Transpédégouines (2007), Nana allume la mèche (2009) de Nana, Yvette Leglaire « Je reviendrai ! » (2007) de Dada et Olivier Denizet, Chroniques d’un homo ordinaire (2008) de Yann Galodé, Les Histoires d’amour finissent mal en général (2009) de Jérôme Loïc, Hétéropause (2007) d’Hervé Caffin, Le Jardin des Dindes (2009) de Jean-Philippe Set, etc.

 

Il existe un genre particulier de spectacles communautaires homos qui ne sont pas exactement des « pièces » à proprement parler : je veux parler des sketchs de cafés-théâtres, des performances dans les cabarets transformistes, des one-man-shows, et des stand-up. Comme ces représentations mêlent témoignage personnel et humour, et qu’en plus elles sont fondées sur la rapidité des répliques de leurs vedettes qui doivent enchaîner tout un tas d’idées à la seconde et passer du coq à l’âne, elles constituent d’autant plus une mine de renseignements capitale sur le désir homosexuel (Le registre comique ne repose-t-il pas en soi sur l’art de faire rire en disant pourtant les plus grandes vérités ?). Personnellement, ce sont dans ces one-man-shows apparemment légers et anodins que j’ai trouvé le plus de références involontaires aux codes de mon Dictionnaire symbolique du désir homosexuel. En plus de nous divertir, ils nous renseignent de manière très précise sur les liens qui unissent viol et homosexualité. Nous aurions tort de ne les considérer que comme de simples bouffonneries. Ils ont le charme, l’interactivité et la drôlerie des spectacles de transformistes, certes, … mais aussi la détresse existentielle et identitaire du travesti cinématographique. Je vous les recommande spécialement.

 

12.jpgChronique d'un Homo ordinaire  (2008) de Yann Galodé

 

7 – Les pièces qui sortent du lot :

 

Je n’ai pas la recette d’une pièce homo réussie, rassurez-vous. Je n’ai pas non plus la clé du succès ou au contraire du « flop » d’un spectacle. Il y a tellement de facteurs extérieurs qui rentrent en ligne de compte en dehors de la pièce en elle-même et de ses comédiens, tellement d’ingrédients différents qui concourent à cette alchimie de la scène ! Le théâtre, inutile de le dire, c’est du spectacle vivant, donc, par conséquent aussi, perpétuellement étonnant. Une pièce peut être super bien écrite mais mal interprétée ; tout comme elle peut être intelligente et pourtant mal comprise par son époque ; ou bien mal écrite et sauvée in extremis par le charisme de ses interprètes[3]. Elle peut très bien parler d’un sujet bidon en substance, et quand même développer par l’humour et l’imaginaire un humanisme épatant. Je trouve que des pièces comme Et puis j’ai demandé à Christian de jouer l’intro de Ziggy Stardust (2009) de Renaud Cojo, On vous rappellera (2010) de François Rimbau, Son Mec à moi (2007) de Patrick Hernandez, Qui aime bien trahit bien (2008) de Vincent Delboy, Betty Speaks (2009) de Louise Deville, Jupe obligatoire (2008) de Nathalie Vierne, Western Love (2008) de Nicolas Tarrin, Fatigay (2007) de Vincent Coulon, Tante Olga (2008) de Michel Heim, Dépression très nerveuse (2008) d’Augustin d’Ollone, Coming out (2007) de Patrick Hernandez (et y compris Le Clan des Divorcées (2006) d’Alil Vardar, avec l’explosif travesti Brigitte !) sont de vraies réussites, quand bien même elles ne nous aient pas emmenés super loin dans la réflexion sur l’homosexualité. Je les ai beaucoup aimées, et les reverrais avec plaisir. Concernant le théâtre homosexuel, j’ai bien sûr des préférences et des conseils : mon cœur est allé à des pièces comme Une Rupture d’aujourd’hui (2007) de Jacques-Yves Henri (une des plus grandes pièces de réflexion sur l’homosexualité à mon avis), Homosexualité (2008) de Jean-Luc Jeener (même si les discours prêtés aux hommes d’Église sont encore caricaturaux, malgré les efforts fournis pour les renouveler), Parfum d’Intimité (2008) de Michel Tremblay (un bijou de finesse signé Christian Bordeleau), Confidences (2008) de Florence Azémar. Mon podium (encore soumis à modification, car j'ai encore du temps devant moi pour découvrir d'autres pièces!) reste décerné au Baiser de la Femme-Araignée (1976) de Manuel Puig (la pièce qui touche au plus juste à la face despotique du désir homosexuel), au one-woman-show d’Océane Rose-Marie La Lesbienne invisible (je ne m’en suis pas encore remis, de ce spectacle !), et au numéro indescriptible Entre fous émois (2008) de Jarry (mise en scène de Gilles Tourman ; Jarry utilise une flopée de « mes » codes homosexuels ! Il y en a un à toutes les phrases… et le pire, c’est qu’il ne le fait même pas exprès !).

 

_13.jpgEntre fous émois  (2008) de Jarry

 

Après, on peut se demander à juste titre s’il suffit qu’une pièce nous fasse rire aux éclats, nous donne la chair de poule, ou nous arrache des larmes, pour décréter qu’elle est « bonne ». En effet, concernant la production dramaturgique homosexuelle, je continue de la trouver « moyenne », voire presque toujours médiocre. Il faut faire attention à ne pas nous fier qu’à notre perception instantanée (et pas toujours distancée) d’une pièce, et à ne pas nous laisser déborder par nos émotions immédiates, par le rire et la sympathie instaurés par la chaleur d’une salle de spectacle conviviale, par l’habileté et le bagou de certains show men capables d’improviser à partir de rien et de combler la possible absence de contenu d’une œuvre par un surinvestissement sur la forme. Certaines pièces nous font objectivement ressentir des émotions peu banales (larmes, éclats de rire, peur, curiosité, etc.) mais pourtant instinctives et peu reliées à la force de leur(s) message(s). Et ce n’est que bien après, en rentrant chez soi, qu’on se pose la question fatidique : « Mais que m’a apporté la pièce que je viens de voir ce soir, qui m’a bien plu sur le moment mais que j’aurai oubliée dans un an ? En quoi elle m’a ouvert d’autres horizons, m’a appris des choses sur moi-même et sur les autres, m’a questionné en profondeur sur ma société ? Je ne demande rien de compliqué, pourtant. Juste un peu de bon pain pour m’émerveiller toujours davantage de la beauté du monde et des êtres humains. Au-delà des blagues, des bons jeux de mots, des rires, du talent indéniable des comédiens, de l’originalité de ce que j’ai vu, du strass, des beaux costumes et des jolies chansons, quelle personne ou quelle idée forte, quelle vérité ou quel combat tous ces instruments dramaturgiques ont-ils servi ? » Si on prend vraiment le temps de se poser la question, on se rend compte que quasiment aucune pièce homosexuelle ne nous apporte de quoi étancher un minimum notre soif de Vérité. C’est la raison pour laquelle je persiste à dire que je n’ai pas encore trouvé de production dramaturgique LGBT qui me comble pleinement dans ma recherche de définition de l’homosexualité. Je ne désespère pas. Encore faut-il que l’ambiguïté divisante du désir homosexuel (un élan humain mi-aimant, mi-violent) soit reconnue sans révolte, et que le lien non-causal entre viol et désir homosexuel soit traité et osé sur nos planches bien frileuses. Antonia, please, réchauffe-nous un peu tout ça avant qu’on s’endorme.

 

14---Antonia-Malinova-Marilyn.jpgAntonia Malinova dans Marilyn en chantée  (2008) de Sue Glover

 

Notes :

[1] J’ai décidé de ne pas traiter des concerts, même si je n’ai pas pour autant délaissé les spectacles musicaux, les comédies musicales, et les musicals.

[2] J’ai commencé officiellement à faire du théâtre à 20 ans, en 2000, à Angers, à l’atelier de Xavier Vigan (même si c’est l’Église catho et mes engagements en aumôneries des lycées ou des étudiants qui m’ont en réalité bien formé à la générosité…). J’ai ensuite endossé presque par accident le rôle du dictateur Salazar dans la pièce Les Longues Vacances de Salazar (1997) de Medeiro à la faculté de Villejean à Rennes en 2003, sous la direction de Graça Dos Santos, et ce fut la révélation. J’ai été quasiment deux heures sur scène, et le seul garçon de la troupe universitaire ! S’en sont suivies deux années dans la troupe franco-portugaise Cá et Là de Graça Dos Santos, alternant théâtre de rue et représentations publiques dans les ambassades. À l’été 2007, je vis une semaine de stage d’été aux Cours Florent qui m’a marqué à jamais car elle a été animée par la talentueuse metteur en scène et actrice bulgare Antonia Malinova (dans ma promo, j’ai eu le privilège de rencontrer des comédiens et comédiennes de qualité : Charles Poitevin, Alexia Erb, Aurélie Balaes, Marie Bigot, etc.). L’inscription aux Cours Florent à l’année sera pourtant une erreur. Je ne me suis pas retrouvé dans l’ambiance de compétition entre théâtreux qui se prennent très au sérieux. Je sors de là au bout de 6 mois seulement. La seule amitié forte que j’en garde, c’est celle avec un petit prodige du théâtre, un gars que je surnomme « JT » (= Jérôme Thibault), un inclassable, comme moi, avec qui je suis toujours en contact et qui va certainement être reconnu dans quelques années. Après l’expérience Florent, pour ne pas ressortir dégoûté du théâtre, j’accepte de jouer dans une petite production de Silvio Pistone, Ainsi va le monde, au Petit Théâtre du Bonheur, à Montmartre. J’enchaîne presque aussitôt avec deux années à l’École du one-man-show Le Bout à Pigalle, à l’atelier de Yoann Chabaud. Je retrouve le plaisir de la scène et du public. Je me réconcilie avec le théâtre et décide de placer ma priorité théâtre dans la quête de Vérité (À quoi sert une œuvre théâtrale si elle est désarmée et sans combat ?) et la convivialité. Le registre de l’humour me plaît beaucoup, développe plein de facettes d’une personnalité. En septembre 2010, je laisse le Bout pour intégrer l’atelier d’écriture du comédien-metteur en scène Christophe Botti, avec 10 autres artistes qui veulent également se lancer dans l’écriture d’une pièce à eux. J’ai un projet solide d’une pièce traitant d’homosexualité (comme par hasard…) sous le coude. Et elle est bien partie pour voir le jour d’ici un an !

[3] La comédienne et actrice Marina Foïs, qui a relevé incontestablement le niveau de la pièce pourtant décousue de Copi, La Tour de la Défense (mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo en 2005 au Théâtre de Bobigny), en fournit une parfaite illustration.

 

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Par Philippe Arino - Publié dans : LE PHIL DE L'ARAIGNEE
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Vendredi 25 mars 5 25 /03 /Mars 18:25

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219.JPGPour écouter les passages radio, cliquez sur la photo ou sur ce lien.

 

 

L'émission  Fréquence Fac  diffusée sur France Bleu Sud Lorraine accueillait Daniel Conrad, producteur-animateur de Ce n'est que de l'amour  sur Radio Caraïb Nancy (RCN), pour présenter l'émission et comme adhérent d'Équinoxe Nancy Lorraine, et Julien Gelly, co-présentateur de Ce n'est que de l'amour  et vice-président d'Équinoxe Nancy Lorraine.

 

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L'équipe de Fréquence Fac  sur France Bleu

 

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L'animateur : Kinsley Laurence

Par Daniel C. Hall - Publié dans : CE N'EST QUE DE L'AMOUR
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Vendredi 25 mars 5 25 /03 /Mars 15:19

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« Des gens sont attaqués parce qu'ils prennent des positions qui ne sont pas en faveur des comportements sexuels entre personnes de même sexe. Quand ils expriment leurs convictions morales et leur idées de la nature humaine, qui peuvent être aussi des expressions de leur foi religieuse, on les stigmatise, et plus encore: on les vilipende, on les poursuit en justice. » L’archevêque Silvano Tomasi, représentant du Vatican aux Nations-Unies, 22 mars 2011, lors d’un vote de l’ONU contre l’homophobie.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 24 mars 4 24 /03 /Mars 10:11

 

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RCN Nancy 90.7 FM (Radio Caraïb Nancy)


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Émission n°6 du 15 mars 2011

"Spéciale Homophobies et homophobes"

Produite par Daniel Conrad

Animée par Daniel Conrad et Julien Gelly 

  14.JPGPour écouter l'émission, vous pouvez cliquer sur la photo ci-dessus...


Le troisième mardi de chaque mois EN DIRECT sur les ondes et sur internet, rediffusion le dimanche suivant de 14 à 15 heures, podcastable sur le site de RCN.

En fonction des aléas du Net, des serveurs et de la pleine lune, voici une page qui vous explique comment nous écouter par tous les moyens.

 

Vous êtes homos, hétéros, parents d’enfant homo, parents homos, enseignant(e)s, militant(e)s, artistes (peintres, réalisateurs, écrivains, etc.) sur Nancy et son département. Vous voulez nous écrire pour nous complimenter, nous critiquer, nous poser des questions, participer et témoigner en studio anonymement ou non, proposer des idées de sujets, intégrer l’équipe de chroniqueurs(ses), une seule adresse :

 

Par email : amour.rcn@gmail.com 

 

Par courrier :

Radio Caraïb Nancy

Émission « Ce n’est que de l’amour »

1249 avenue Raymond Pinchard

54 000 NANCY

 

Une émission en hommage à :


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Les invité(e)s :


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* Bruno Wiel,  victime de la barbarie homophobe et dont le procès de ses bourreaux vient de se terminer.


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*  Eric Verdier, psychologue communautaire et auteur de plusieurs ouvrages sur l’homophobie (H&O éditions), le suicide chez les jeunes homosexuels et la coparentalité. 

 

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*  Brahim Naït-Balk, auteur de Un homo dans la cité (Calmann-Lévy), animateur de l'émission  HomoMicro sur Fréquence Paris Plurielle et entraîneur du Paris Foot Gay .


Chroniques des petits gremlins de Ce n’est que de l’amour :


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*  Sylvain Asselot : Entretien au purgatoire sur le sort des homophobes.

 

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 Philippe Ariño : L'homophobie dans les Arts.

 

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* Donia Bentrad et Hély Dana.

 

Lecture finale par Julien Gelly et Daniel Conrad :


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* Discours de Mary Griffith, devant le conseil municipal et les autorités religieuses de Walnut Creek (Etats-Unis), en 1983, pour l’instauration d’une Gay Pride, journée de la fierté LGBT. Une journée qui ne fut pas autorisée. Mary est depuis membre de l’association des parents d’enfants gays et lesbiennes, dont l’histoire est adaptée sous le titre Bobby seul contre tous (Prayers For Bobby) avec Sigourney Weaver dans le rôle de Mary, disponible en DVD en France chez nos amis d’OUTPLAY. 


Programmation musicale de l’émission :

 

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Générique : « On ne choisit pas », Les White Niggaz (merci à Jean et Cyrille). Sortie de leur album : janvier 2011.


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Album « Urgence(s) » avec trois titres "Lettre ouverte", "A nos actes manqués" et "Brahim Naït-Balk : un homo dans la cité", Monis.


  

Ils sont formidables, soutenez-les, achetez leur album, aidez-les…

 

Prochain rendez-vous : le mardi 19 avril 2011,  de 17 à 18 heures en direct sur RCN pour une spéciale "Trans-identités : transexuel(le)s et transgenres"…

Par Daniel C. Hall - Publié dans : CE N'EST QUE DE L'AMOUR
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Mercredi 23 mars 3 23 /03 /Mars 16:38

 

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SAMIR BARGACHI

Président de KifKif :

« Les homosexuels sont finalement des enfants, des frères et des amis des citoyens marocains. »

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Il n'y a pas un jour qui passe sans que les medias marocains ne parlent d'un jeune homme marocain: Samir Bargachi (22 ans), un jeune activiste gay qui vit en Espagne et qui préside aux destinées du site KIFKIF et de son blog, la première organisation de défense des droits LGBT au Maroc.

Les journaux en arabe ne lui sont, faut-il le souligner, généralement pas favorables: ils donnent la parole à des gens qui rappellent que le Coran condamne la sodomie et les sodomites, qui redoutent l'invasion des mœurs corrompues de l'Occident, l'influence des législations occidentales ou y voient une menace pour la pureté de la religion...

Le site web de KIFKIF est écrit en arabe et reçoit de nombreux visiteurs. Le but de ce site: essayer de changer dans la discrétion la mentalité marocaine à propos de l'homosexualité.

Nous souhaitons bon courage, grand succès et longue vie à ce jeune confrère.


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Samir Bargachi, coordinateur général de l’association des homosexuels marocains, basée à Madrid, lors d’une une visite au Maroc, explique les objectifs et les enjeux de son ONG.

 

Lors d’une récente visite au Maroc, vous avez exprimé le désir de l’association Kifkif de sortir de la clandestinité. Pourquoi aujourd’hui ?

Samir Bargachi : Nous ne sommes pas aussi pressés que cela. 2009 n’est pas une année sacrée pour nous. Nous savons que la loi marocaine interdit la constitution d’associations comme Kifkif, cette loi criminalise l’homosexualité. Mais la loi marocaine garantit le droit au rassemblement. Les homosexuels constituent en fin de compte une composante de la société marocaine. Nous ne sommes pas venus d’une autre planète. Les homosexuels sont finalement des enfants, des frères et des amis des citoyens marocains. Personnellement, je suis né dans une famille marocaine musulmane, à l’instar des autres citoyens. Seulement, nous ne sommes pas autorisés à nous organiser légalement dans le cadre d’un groupement. Nous voulons que notre société soit compréhensive à l’égard de notre existence. Nous savons que plusieurs obstacles se dressent devant nous. Il y a au Maroc un taux élevé d’analphabétisme, et nombre de citoyens ne connaissent pas encore leurs droits. Et ce qui est vrai de cette catégorie de citoyens, l’est également des homosexuels. Nous constatons que la loi marocaine cautionne la discrimination sur la base des pratiques privées. Les homosexuels marocains ne manifestent pas dans la rue. Nous ne sommes pas une ONG à scandales, comme certains le pensent. Il y a au Maroc des parties qui veulent donner une image déformée des homosexuels. Ils savent à l’avance que la loi n’est pas de notre côté, ils en profitent pour nous réprimer. Ils utilisent des arguments théologiques pour justifier leurs anathèmes, même s’il n’y a aucun consensus du point de vue du fiqh sur l’interdiction de l’homosexualité. Il y en a qui disent également que les homosexuels au Maroc sont le produit de la colonisation. Je leur réponds que la culture marocaine comporte autant d’évocations homosexuelles. Si les tenants de ces accusations ont le droit de dénoncer l’homosexualité, il y a un point qu’ils n’acceptent pas, en l’occurrence le dialogue. Nous croyons aux vertus du dialogue, mais ils ne veulent nous donner aucune possibilité de dialogue pour exprimer nos idées.


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Quelles sont alors vos idées ?

Nous sommes un groupement de citoyennes et de citoyens marocains. Nous comptons parmi nous des musulmans, des juifs, des chrétiens, et des laïcs. Nous sommes unis dans le cadre d’un groupement pour susciter un débat d’idées. Nous souhaitons sensibiliser sur des sujets touchant à notre vie privée, en l’occurrence l’homosexualité. Nous ne faisons rien qui transgresse la loi. Nous rejetons l’accusation de déviation sexuelle que l’on nous colle, tout comme l’inculpation de vouloir faire dévier du droit chemin la jeunesse marocaine. Toutes nos activités restent des activités de sensibilisation et ne sortent pas du cadre juridique. J’insiste sur le fait que la loi marocaine garantit le droit au rassemblement. Le Maroc n’est pas un Etat policier. Voilà pour le volet juridique. Maintenant, il reste que la société n’est pas prête culturellement ni intellectuellement à soulever, de manière générale, la question de la sexualité. La sexualité reste un tabou au Maroc.


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Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’être un répondant de l’internationale des homosexuels ?

Je précise que la participation aux activités des mouvements homosexuels internationaux ne s’inscrit pas dans notre agenda. Je précise, également, que nous ne recevons aucun soutien financier de la part de parties étrangères. Nous finançons nos activités par nos propres moyens.


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Êtes-vous optimistes quant à la reconnaissance de votre association au Maroc ?

Au départ, personne au Maroc ne pensait que la femme allait jouir des droits que lui garantit, actuellement, le Code de la famille. La femme marocaine bénéficie aujourd’hui du plus grand nombre de droits à l’échelle du monde arabe. Il n’était dans l’esprit de personne que la femme marocaine allait engranger autant de droits, au même titre que l’homme. Mais cela a été rendu possible grâce aux efforts déployés par la société civile, les grands pas positifs franchis par l’Etat marocain, le rôle des médias nationaux progressistes et ouverts. A l’appui de cette ouverture indéniable, je citerai également les droits culturels reconnus à l’amazighité, les droits civils octroyés aux chrétiens … Nous espérons qu’il en soit de même pour la question des homosexuels. 


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En réaction à vos récentes déclarations médiatiques au Maroc, la présidente de l’Association «Bayt Al Hikma», Khadija Rouissi, vous accuse d’avoir menti sur sa disposition supposée à programmer la question de l’homosexualité dans le cadre de ses activités. Avez-vous réellement menti sur cette question ?

Je précise qu’il n’y a aucun rapport entre Bayt Al Hikma et Kifkif. Certes, j’ai eu un entretien avec sa présidente Khadija Rouissi qui m’a reçu dans sa propre maison. Elle m’a assuré de sa position positive à l’égard de l’homosexualité. Je rappelle que Khadija Rouissi avait dénoncé, ouvertement lors d’une émission sur 2M au sujet des événements de Ksar El Kébir, le lynchage des victimes de ces événements. Son association avait, par ailleurs, lancé un appel pour le respect des libertés individuelles. Je l’ai rencontrée pour la remercier pour sa position courageuse. Pour le reste, nous n’avons conclu aucun accord au sujet de la programmation par Bayt Al Hikma d’activités sur l’homosexualité.


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L’Association Marocaine des Droits de l’Homme soutient-elle réellement votre action au Maroc ?

La position de l’AMDH sur l’homosexualité est la même que celle de la Déclaration universelle des droits de l’Homme ratifiée par le Maroc. Cette Déclaration stipule clairement que l’orientation sexuelle de l’individu ne peut être un prétexte à la discrimination.

 


L'accroche est signée de notre ami Luc le Belge.

© M’Hamed Hamrouch pour Aujourd’hui Le Maroc / 2009.

Les photos sont © Samir Bargachi.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : SPÉCIAL ABDELLAH TAÏA
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Mardi 22 mars 2 22 /03 /Mars 16:15

 


(6.19)

par Zanzi


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PREVIOUSLY ON ZANZI AND THE CITY : cliquer ici.

 

 

TROIS POÈMES EN HOMMAGE

À AMAR BEN BELGACEM (1979-2010)

 


DIS, POURQUOI TU NE M'AIMES PLUS ?

 

Je ressens souvent ton absence

Comme une froide indifférence.

Sans toi, la vie n'est plus la même :

Dis-moi, redis-moi que tu m'aimes.

 

Pour échapper à mes hantises,

Toujours, je dors dans mes valises ;

Mais avant que vienne la mort,

Dis-moi que tu m'aimes encore.

 

Que c'est triste, Paris la nuit,

Quand mes couleurs virent au gris !

Sans ton amour j'erre sans but :

Dis, pourquoi tu ne m'aimes plus ?

 

Est-ce à tort ou bien à raison ?

J'ai fait du monde ma maison ;

Mais je n'y vivrai pas longtemps :

Sans toi, ce monde est différent.

 

Il a perdu sa poésie,

Tout son mystère et sa magie.

Toi-même, tu as disparu.

Dis, pourquoi tu ne m'aimes plus ?

 

3 février 2011

 

FONTAINEBLUES

 

Nous avons pris le R.E.R.

Entre Paris et ton château.

Tu m'as ouvert ton univers :

Chez toi, c'était Fontainebleau.

 

Tu m'as dévoilé tes tableaux,

Et évoqué un être cher :

Dans ta chambre, étrangement beau,

Veillait le portrait de ton frère.

 

La nuit fut gaie et souriante,

Mêlée de soupirs et de rires.

Sur le mur, en ombres dansantes,

Se reflétait notre désir.

 

Nous prolongeâmes le plaisir

Au matin, comme des enfants

Qui voudraient ne jamais mourir,

Et ne jamais devenir grands.

 

Je conserverai ton sourire

Au fond de mon coeur, bien au chaud,

Dans l'écrin de nos souvenirs

Partagés à Fontainebleau.

 

3 février 2011

 

ARABESQUES

 

C'était notre printemps, le matin de nos vies,

C'était un soir, pourtant, et ce fut une nuit.

Rien n'arrête le temps et les années qui fuient

Dans leur course en avant vers les cieux infinis.

 

Plus aucun lendemain ne verra ton sourire,

Ce soleil tunisien né pour nous éblouir.

L'aube d'un beau matin tourné vers l'avenir

Fera notre chagrin enfin s'évanouir.

 

Déjà il s'évapore, et voici que l'espoir

Remporte sur la mort une grande victoire :

Car je te vois encore, à travers le miroir,

Peindre les métaphores qui ont fait ta gloire.

 

9 février 2011

Par Zanzi - Publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Mardi 22 mars 2 22 /03 /Mars 15:48

Anton-Hysen-gay-soccer-player-01.jpg anton-Hysen.jpeg.png

 

« Je suis un footballeur. Et gay. Quand je joue en tant que footballeur, je ne crois pas qu'il soit important de savoir si j'aime les filles ou les garçons. (…) Je ne jouerai peut-être pas en Ligue 1, mais je veux montrer qu’on peut être footballeur et homosexuel. Il y aura toujours des gens qui ne supportent pas les homos, comme il y a des gens qui ne supportent pas les immigrés. Je peux intéresser un club, et puis l’entraîneur change d’avis en découvrant que je suis gay, mais c’est son problème, pas le mien. (…) J’espère que d’autres auront le courage de faire leur coming-out maintenant qu’il a pris cette décision courageuse. (…) Je sais que tout sera différent après cette interview, poursuit Anton. Maintenant tout le monde est au courant: tous les entraineurs, tous mes adversaires, mes coéquipiers. Ça va être passionnant. » Anton Hysén, 20 ans, interview au magazine de football Offside, 15 mars 2011.

« Je sais que je suis gay depuis un moment. Probablement depuis que mes 17 ou 18 ans. J'ai eu cinq petites amies. C'était plutôt sérieux avec la dernière et quand je lui ai dit que j'étais gay, elle était plutôt contrariée... Quand vous en venez à penser larguer un top model, vous savez que vous êtes gay. Elle était belle, une des plus belles femmes que j'aie jamais vues, mais évidemment, il y avait un problème. (…) J'ai du mal avec ça [avoir un petit ami]. Je sais que je suis gay, mais je suis difficile. Je ne suis pas branché pas tous ces trucs stéréotypés de la gay pride. (…) J'ai eu pas mal de propositions de garçons. J'ai dû fermer ma page Facebook à cause de toutes les offres venant du Canada, du Brésil des Etats-Unis, d'Australie ou de Roumanie. (…) Je n'ai reçu qu'une seule lettre d'un fan disant qu'il ne viendrait plus voir l'équipe. Il disait que j'étais dégoûtant, ce genre de choses. Je me suis dit "Nous aurons un fan de moins, la belle affaire!". (…) Tout le monde me demande si je connais d'autres footballeurs gays, mais non. C'est triste que personne n'ait le courage de sortir du placard. Mais je respecte le fait que nous ayons chacun à faire face à des situations différentes. » Anton Hysén, interview au Sun, 21 mars 2011.

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 15 mars 2 15 /03 /Mars 11:32
Ce soir, en direct entre 17 et 18 heures, sur RCN Nancy 90.7 FM et sur le Net à http://www.rcn-radio.org/, Daniel Conrad et Julien Gelly accueilleront dans "Ce n'est que de l'amour n°6 - Spéciale HOMOPHOBIE ET HOMOPHOBES" : Bruno Wiel ; Eric Verdier et Brahim Naït-Balk. Avec tous les gremlins : Donia Bentrad, Hély Dana, Sylvain Asselot et Philippe Ariño ! Une émission vitale !
Par Daniel C. Hall - Publié dans : CE N'EST QUE DE L'AMOUR
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Jeudi 3 mars 4 03 /03 /Mars 16:39

 


 

Le Père Docu s'appelle Gérard Coudougnan, il est né en 1962 et a pour qualification « enseignant-documentaliste », vous savez la dame qui râle au C.D.I. (centre de documentation et d'information) : c'est lui. Pour des raisons indépendantes de sa volonté, il est en ce moment éloigné de son lieu de travail habituel mais a toujours un C.D.I. (contrat à durée indéterminée) avec les bouquins pour qui il a une vraie A.L.D. (affection de longue durée).

Au hasard de ses lectures, il a croisé Marc-Jean Filaire puis Môssieur Daniel C. Hall (« The Boss ») qui lui a proposé de regrouper ici quelques « recensions » d'ouvrages à thématique LGBT.

Toute remarque, toute suggestion sera la bienvenue. Les avis, sous forme de commentaires, pour échanger des points de vue encore plus !

La bibliothèque rose est ouverte… vous avez lu Le Club des Cinq d'Enid Blyton ? Claude, le « garçon manqué » est peut-être alors votre première rencontre avec une petite lesbienne ou une future transgenre ? Ah bon, vous n'avez pas connu les Bibliothèques Rose et Verte ? Qu'importe, entrez (couverts !) ici et faites ce que vous voulez entre les rayons, ne soyez pas sages ...

 

en collaboration avec  homo6  

 

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Cathy Devignard, Un camion à la croisée des chemins, Éditions Gaies et Lesbiennes, 2010, 192 p. ‒ 11 €.

 

Voici la rencontre improbable entre Mattia ‒ jeune homme en conflit avec un père qui refuse d'admettre que son fils est gay ‒ et Chris, routier sympa et tranquille, un peu revenu de tout.

Les deux hommes que tant de choses séparent vont faire un bout de chemin ensemble : Chris parle de sa femme qui est partie avec leur enfant, de sa passion pour les camions et... de la pêche à la ligne.

Mattia évoque Yoann, son dernier amour, ses problèmes familiaux et ses doutes face à l'avenir.

Un happy end est-il possible dans ce genre de situation et quelle en sera la portée ?

Cathy Devignard nous embarque en quelques pages sur les autoroutes européennes et à la découverte des sentiers intimes de chacun des deux personnages. À petites touches, elle nous emmène sur des itinéraires dont elle nous dévoile les richesses inattendues avec une grande maîtrise.

Premier roman réussi, ce livre rejoint un grand mouvement de solidarité auquel s'est associé notre blog. Les droits d'auteurs issus de sa vente seront ainsi intégralement reversés à l'association nationale Le Refuge  dont le président, Nicolas Noguier, a rédigé la préface.

Car l'histoire est évidemment à mettre en relation avec le vécu des jeunes recueillis par Le Refuge après avoir été rejetés par leurs parents. Sans stéréotypes, sans pathos, sans jamais vouloir donner de leçon ni d'exemple, l'auteure réussit un vrai roman subtilement militant que l'on referme le cœur plein d'énergie et d'espoir.

Acheter, lire et/ou offrir (à toutes occasions) ce livre est donc un moyen très simple et peu coûteux de réunir plaisir et acte militant vers les jeunes générations encore victimes d'une homophobie familiale déjà dénoncée ici au moment de la publication du livre de Jean-Marie Périer, Casse-toi ! (Oh!Editions, 2009).

 

Pour en savoir plus :

Sur l'auteure, son blog : http://cathyd65.skyrock.com/

Sur Le Refuge : http://www.le-refuge.org/

Voir aussi notre dossier spécial permanent : http://www.lestoilesroses.net/categorie-11317559.html

 

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INTERVIEW DE CATHY DEVIGNARD

par Gérard Coudougnan

 

« (…) l'homosexualité n'est pas une question de sexe, de vrais ou faux hommes, de vraies ou fausses femmes, mais bien une question de sentiments, c'est de l'amour dont il s'agit. » 

 

Les Toiles Roses : Bonjour Cathy et merci de m'accorder ta première interview d'écrivaine ! Nous nous sommes rencontrés au siège du Refuge à Montpellier le 13 février dernier et depuis, nous sommes restés en contact amical. Aujourd'hui c'est encore Le Refuge qui nous rassemble puisque tu viens de publier ton premier roman sur un sujet lié aux activités de cette association au profit de laquelle tu as décidé d'offrir tes droits d'auteure. Quand nous avons fait connaissance, tu étais restauratrice à Grenoble et te voici maintenant auteure en Ardèche : peux-tu nous en dire plus sur ces changements ? 

Cathy Devignard :Et bien, en effet, de nombreux changements sont intervenus dans ma vie en une année. La vente du restaurant a été un hasard. C'est la vie qui suit son cours. Ce roman, je l'ai écrit bien avant cette vente. Et aujourd'hui, je suis une jeune écrivaine, en Ardèche, parce que notre maison s'y trouve, dans un coin isolé, propice à la réflexion et où je me ressource. C'est ici qu'est née l'histoire de Chris.

 

Si j'ai bien compris, tu es allée vers Le Refuge sans avoir d'enfant homosexuel ? 

Eh oui, je n'ai pas d'enfant homosexuel, mais en tant que maman, je me suis posée une question essentielle : « Et si j'avais un enfant homosexuel ? » Je pense que cette question m'a travaillée inconsciemment au travers d'un téléfilm qui m'a interpellé et qui a donné jour, une nuit (rires), à ce roman.

J'ai découvert Le Refuge après avoir écrit mon roman au hasard des blogs que j'ai visités pour en apprendre toujours plus sur le « comment devient-on homosexuel ? »

J'ai trouvé que cette association méritait d'être aidée et naturellement j'ai adhéré. D'emblée la rencontre à distance avec Nicolas Noguier, le Président, m'a énormément marquée. J'ai tout de suite compris que j'avais affaire à quelqu'un de hors norme, un être à part. Et puis j'ai découvert son engagement énorme pour ces jeunes abandonnés, rejetés par leurs familles, chose que je n'aurais pas imaginée possible. Dès lors, Le Refuge est entré dans ma vie et il m'est inconcevable aujourd'hui de ne pas faire le maximum pour épauler cette association.

 

Avant cette discussion, j'avais envie de te demander ce qui avait transformé ton engagement en source d'inspiration romanesque mais je me rends compte que c'est en fait ton inspiration qui est devenue un engagement ! 

Oui, en effet : en faisant naître cette histoire qu'il m'est apparu nécessaire d'écrire, uniquement pour moi au départ, sans aucune volonté de prétendre à l'éditer un jour, j'ai voulu savoir et comprendre l'homosexualité. Je n'ai pas voulu écrire une histoire qui ne tenait pas debout, toucher un sujet aussi délicat sans le maîtriser. Je me suis donc documentée au travers de livres psychologiques puis de blogs. J'ai découvert alors que l'on pouvait souffrir à cause de son orientation sexuelle. Et puis des jeunes gens isolés, écorchés vifs, en mal-être ont croisé mon chemin. Et au fil des jours, je me suis sentie portée vers eux, encore une fois, comme une évidence. Mon cœur de maman ne pouvait pas faire autrement que de leur ouvrir une place au chaud et surtout une oreille pour qu'ils puissent y déverser leur désespérance et leur souffrance. Une échappatoire, en somme.

 

Une fois cette étape franchie, tu as donc trouvé un éditeur : as-tu senti qu'il partageait ta motivation ? 

Oui, totalement. J'ai eu l'agréable surprise d'être contactée très peu de temps après avoir envoyé mon manuscrit par Jean-Paul Gisserot qui m'a dit « avoir beaucoup apprécié l'intelligence, la finesse d'analyse et la générosité de mon ouvrage » ainsi que le côté optimiste de mon récit. J'en suis très fière d'ailleurs ! Et il se trouvait que mon écrit correspondait complètement à ce qu'il recherchait. 

 

On peut donc saluer ce soutien des Éditions Gaies et Lesbiennes qui t'ont édité à compte d'éditeur. Même s'il y a pour le puriste que je suis un peu trop de coquilles dans le texte, ton roman est un bel objet ! 

Oui, je remercie énormément les Éditions Gaies et Lesbiennes de m'avoir fait confiance dans cette aventure. D'autant plus, qu'au delà de la joie et de la fierté de me voir éditée, c'est pour l'association Le Refuge que je souhaitais voir naître ce roman pour m'en faire l'ambassadrice et puis également, si je le peux, apporter un plus dans la lutte contre l'homophobie. J'ai appris énormément de choses sur ce sujet en me documentant et j'espère avoir fait ressortir des messages pour beaucoup de personnes dans l'ignorance comme je l'étais avant.

 

Ta perception de l'orientation sexuelle est très subtile et rendue avec extrêmement de délicatesse. J'ai envie de te demander si tu es fille ou épouse de camionneur tant ce domaine-là est décrit avec une précision étonnante ! 

Non, je ne connaissais rien non plus au milieu routier, pas de camionneur dans mon entourage et j'avoue que j'ai un tout autre regard sur les transporteurs qui nous sont indispensables d'ailleurs dans notre quotidien. Là aussi je me suis documentée (merci internet).

 

C'est donc un des aspects du travail du romancier : se documenter à fond sur des sujets méconnus. Je trouve intéressant que tu aies fait de Chris un camionneur provincial. Cela donne encore plus de force à ton histoire que s'il avait été coiffeur, antiquaire ou styliste dans le Marais : sa passion pour son métier est-elle aussi la traduction d'une expérience personnelle, la volonté de montrer que nul n'a besoin d'être un intellectuel coupé du monde ou un jet-setteur pour avoir grande une richesse humaine ? 

Non. Chris est né d'un rêve, sans aucune volonté spéciale de ma part. Mais je tiens à dire que s'il n'avait pas été un personnage crédible, cette histoire n'aurait jamais trouvé une suite concrète et serait tombée dans les oubliettes de mon cerveau.

Mais en effet ce camionneur, viril, homme, dans un monde viril, absolument pas dans un contexte qui pouvait laisser prévoir que, montre que bien sûr l'homosexualité n'est pas une question de sexe, de vrais ou faux hommes, de vraies ou fausses femmes, mais bien une question de sentiments, c'est de l'amour dont il s'agit.

Et puis, oui, aussi, la richesse humaine ne trouve pas ses origines forcément dans des milieux privilégiés, c'est encore une fois, une histoire de sentiments, de sensibilités, et de réflexion aussi je crois.

 

Ce livre riche en réflexions est un acte militant : peux-tu nous en dire plus sur tes expériences au Refuge ? 

Mes expériences au Refuge ? Tout d'abord, je tiens à souligner que l'accueil que j'ai reçu au Refuge m'a réellement motivé à m'investir pour cette association. Et qu'aujourd'hui, rien ne m'a démotivé.

Je suis un peu loin de Montpellier, ou des délégations, mais il y a des moyens de participer à distance. Ce qui est important pour moi c'est d'aider à la mesure de mes moyens, notamment en représentant le refuge lors de forums associatifs par exemple. Comme je le disais un peu plus haut, une "ambassadrice", d'ailleurs c'est comme ça que me nomme Nicolas Noguier dans la préface qu'il a eu la gentillesse de faire pour mon roman.

Le Refugea besoin d'argent pour vivre et pour permettre à tous ces jeunes à la rue d'être hébergés le temps de refaire surface. Et si mon livre peut être un moyen de faire connaître cette structure, et de faire connaître ses besoins alors tant mieux.

Il est aussi indispensable de lutter contre l'homophobie en parlant de l'homosexualité, en apportant des réponses aux questions. Et je crois qu'en tant qu'hétéro, non concernée par le sujet ni directement, ni indirectement, je peux en parler beaucoup plus librement, sans crainte et avec peut-être plus de poids que des gens concernés.

Mais je pourrais et j'aimerais parler de l'un de mes p'tits loups (c'est le nom que je donne aux jeunes à qui je consacre du temps grâce à internet). Il m'a été "confié" par Nicolas alors qu'il avait lancé un véritable appel au secours au Refuge. Il était à la limite du suicide, obligé de cacher son homosexualité à sa famille, la peur au ventre qu'on le découvre. Il ne sortait plus de chez lui, ne s'octroyait plus aucun plaisir, s'interdisait de vivre sa vie de jeune de 18 ans. Au fil des jours, grâce à internet, au téléphone, au Refuge et à ma présence à distance à ses côtés, il a repris l'envie de se battre. Il a des projets, de beaux projets. Il a recommencé à sortir et à sourire. Et même s'il n'est pas encore libéré du poids qu'il a sur les épaules, qu'il y a encore un bout de chemin à parcourir, quel bonheur et quelle satisfaction personnelle que de faire partie de ce chemin à ses côtés vers le mieux.

Et c'est à ça que sert aussi Le Refuge. Pas seulement héberger, mais aussi à distance, aider des jeunes chez eux dans leur univers qui n'est pas loin d'être l'enfer pour certains, les accompagner au quotidien vers un chemin meilleur.

 

Madame l'Ambassadrice du Refuge, je vous remercie très sincèrement de votre attention ! Merci et bravo chère Cathy pour ce superbe engagement à nos côtés ! 

Merci à toi Gérard et aux Toiles Roses !

 

 

Pour faire au don au Refuge, cliquez sur le logo :

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Par Gérard Coudougnan - Publié dans : LA BIBLIOTHEQUE ROSE
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Mercredi 2 mars 3 02 /03 /Mars 18:37

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Fiche technique :

Avec Sigourney Weaver, Austin Nichols, Carly Schroeder, Ryan Kelley, Henry Czerny, Dan Butler, Scott Bailey, Linda Boston, Susan Ruttan, Melanie Wilson, Dan Wells, Lauren Mae Shafer, Sam Logan Khaleghi, Ele Bardha, Ber Fox, William C. Fox, Jeff Fryer, Kyle Clarington, Shannon Eagen, Brent Mata, Rebecca Louise Miller, Rusty Mewha, Billy Whitehouse, Marshall McClean, David G.B. Brown, Alyssa McMillan, Chris Hendricks, Tevis R. Marcum, Axel Harney, Patrick Michael Kenney, Madge Levinson, Steve Jasgur, Sean Scarlett, Jaime Moyer, Anna Badalamenti, Anthony Moscato, Hadas Corey, Amanda Ryskamp, Julia Mogerman, Rusty Daugherty et Janice O'Neill. Réalisation : Russell Mulcahy. Scénario :  Katie Ford, d’après le livre de Leroy Aarons. Images :  Thom Best. Musique :  Chris Ward. Montage:  Victor Du Bois.

Durée : 90 mn. Bientôt disponible en DVD Zone 2, VO, VOST et VF (octobre 2010).



Résumé :

Au début des années 1980, à Walnut Creek, au nord de la Californie, Mary Griffith (Sigourney Weaver) est une chrétienne dévote qui élève ses enfants selon les enseignements conservateurs de l'église presbytérienne. Cependant, quand Bobby (Ryan Kelley), le plus jeune de ses fils, un garçon angélique de 17 ans, confie à son frère aîné Ed (Austin Nichols) qu’il est peut-être gay (car il rêve de garçons, pas de filles !), la vie change pour toute la famille. La mère enquête et a bientôt la conviction que son fils est gay. Tandis que le père de Bobby et le reste de la famille acceptent lentement le fait que Bobby soit homosexuel, Mary refuse cette évidence qui la désespère car d’après les écriture Bobby serait condamné aux flammes éternelles.



Elle estime que si Bobby n'est pas « guéri » de son homosexualité, la famille ne sera pas ensemble dans l'au-delà. Elle commence une campagne visant à "guérir" son fils. Elle affiche des passages des Écritures sur le miroir de salle de bain. Elle le force à participer à des séances de thérapie. Elle est persuadée que Dieu peut guérir son fils de ce qu’elle considère comme une maladie.



Elle persuade Bobby de prier plus fort et de rechercher une consolation dans des activités ayant trait à son église. Dans l’espoir de changer, et surtout devant le désespoir de sa mère, Bobby fait ce qu’elle lui demande. Mais son rejet par l’église en raison de son homosexualité fait que le garçon se renferme de plus en plus sur lui-même. Il culpabilise devant la peine qu’il inflige à sa mère. Bientôt, il s’abime dans une dépression qui le conduit au suicide.



Confrontée à cette tragédie, Mary commence à remettre en cause sa foi quand elle ne reçoit pas de réponses de son pasteur au sujet de son deuil dévastateur. Par un long et douloureux cheminement, Mary intègre lentement la communauté gay où elle découvre un réconfort inattendu. Finalement, de façon posthume, Mary acceptera l’homosexualité de son fils et deviendra alors une militante des droits des gays aux USA.



L’avis de Bernard Alapetite :

Peu de choses m'agace autant que de voir apparaître au début d'un film une phrase telle que « d'après une histoire vraie » ou quelque autre texte approchant. Je vois dans cette augmentation indéniable des films tirés de faits et de personnages ayant existés, un signe évident de notre décadence. Car ce manque de confiance dans la fiction sape les fondements d'une civilisation bâtie sur des mythes qui n'est qu'un autre nom de la fiction...



Or donc Bobby seul contre tous (Prayers for Bobby) est basé sur le livre américain éponyme de Leroy Aarons ; les noms propres n'ont même pas été changés. Les producteurs expliquent leurs motivations : « Le livre Leroy Aarons a changé l’état d’esprit d’innombrables personnes et a ainsi sauvé des centaines de vies depuis qu'il a été édité. Nous espérons que le film, puissant, continuera à faire changer les mentalités et à rendre justice à la mémoire de Bobby Griffith. »



Dire que le film n’est pas révolutionnaire dans sa mise en scène est un euphémisme, mais la réalisation est efficace. Même s’il est dommage que parfois Mulcahy gâte cette efficacité par un petit nombre de fioritures inutiles. Même si l’on comprend bien qu’il utilise ces astuces pour accentuer avec sa caméra notre empathie pour la détresse émotionnelle de Bobby. Stratagème qui lui évite un long discours explicatif en voix off. Le scénario n’évite pas les clichés (le frère, joueur de football américain, par exeple), néanmoins tout sonne juste en particulier les dialogues dont l'intervention de la mère devant le conseil municipal qui est très forte.



Il faut resituer historiquement le drame. Le scénario couvre trois années. Le film commence en 1979, époque où l’homosexualité était au cœur d’un débat aux USA qui posait la question de l’acquis et de l’inné des préférences sexuelles. On peut penser d’autre part qu’en 1979, l’homosexualité était moins bien perçue aux USA qu’aujourd’hui, même si la récente controverse sur la proposition 8 en Californie pourrait nous faire penser le contraire...



Le talent de Sigourney Weaver, qui a rencontré la vraie Mary Griffith, et celui des autres acteurs (en particulier de Ryan Kelley qui défend son personnage avec beaucoup de sensibilité) parviennent à nous faire oublier le didactisme du film. On comprend bien que le film a d’abord été fait à l’usage des parents de jeunes gays. Interrogée sur l’opportunité d’une prestation dans un téléfilm (ce sont ses débuts à la télévision), Sigourney Weaver a déclaré que plus de gens sont susceptibles de voir ce téléfilm que n’importe lequel des films de cinéma qu’elle a tournés auparavant. Il est amusant en regard de leur navrante programmation habituelle de remarquer que M6 ait passé ce film à 13h 30 un lundi, sans doute pour éduquer la ménagère de moins de cinquante ans oisive ! On peut toutefois penser que le diffuser à 20h30 aurait été bien plus courageux...



S’il est normal qu’en raison de sa notoriété on se focalise sur Sigourney Weaver, il ne faudrait pas oublier les autres acteurs presque tous chevronnés, même les plus jeunes, et en particulier Ryan Kelley qui est loin d’être un inconnu… que l’on se souvienne de l’excellent Mean Creek de Jacob Aaron Estes et plus récemment Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood. Il retrouve Carly Schroeder qui incarne la sœur de Bobby et qui jouait également dans Mean Creek.



Qu’un tel film ait eu beaucoup de mal à se monter dénote d’une homophobie certaine du milieu cinématographique américain. Sigourney Weaver avait déjà essayé de monter l’affaire dans les années 1990. Elle est aujourd'hui productrice associée sur le film. Le producteur principal, Daniel Sladek, depuis sa découverte du livre en 1997, a du batailler ferme pour y parvenir. Il y a eu un autre projet qui a avorté avec NBC avec Susan Sarandon dans le rôle de Mary Griffith. En 2000, une autre tentative a également échoué. Le film a été pensé dès sa mise en œuvre pour essayer de rafler des Emmy Awards.



Le réalisateur, Russell Mulcahy, est l’auteur du premier Highlander. On lui doit aussi des épisodes de Skins et Queer as Folk.



La diffusion du film, le 24 janvier 2009, a fait grand bruit aux USA. Il a été vu par beaucoup d'associations LGBGT comme un modèle pour la lutte contre l'homophobie. L’équipe du film a participé à un gala du Trevor Project (une association fondée par James Lecesne qui vient en aide aux jeunes LGBT).



Un film militant qui réussit à être émouvant et qui dénonce l’obscurantisme religieux et la bigoterie. Il devrait être montré obligatoirement à tous les parents qui envisageraient de renier leur enfant s’il était gay.



Un film dans la lignée de Milk.

Pour plus d’informations :

Le site du film : http://www.prayersforbobby.com/


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Par Bernard Alapetite - Publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 2 mars 3 02 /03 /Mars 11:30

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« Le Coran n’interdit pas l’homosexualité. (…) C’est une forte identité que d’être musulman. Il en va de même pour le fait d’être homo. Ces identités sont les miennes et j’ai pu les réconcilier. (…) Je ne pouvais pas comprendre qu’un Dieu aimant et indulgent puisse me juger, pour quelque chose que je n’ai pas choisi. (…) Nulle part dans le Coran on ne peut lire que l’homosexualité est interdite. (…) Comme dans la sourate 24 verset 31. Il est écrit que les femmes doivent se couvrir davantage pour les hommes. Mais pas pour les hommes qui ne se sentent pas attirés par elles. Il doit s’agir des homosexuels. (…) Les imams me voient comme une menace pour leur conception de l’Islam. Mais je ne suis pas leur ennemi. Je les invite seulement à considérer cette autre vision des choses. Mon interprétation donne aux musulmans la chance de pratiquer leur religion tout en acceptant leurs sentiments. » Muhsin Hendricks, un homme Sud-Africain de 43 ans, est imam et homosexuel. Son association The Inner Circle aide les musulmans en difficulté avec leur propre sexualité. Le message: « Vous avez le droit d’être homo ! » Depuis Hendricks a perdu son statut officiel d’imam. Lire l’article complet. 

Par Daniel C. Hall - Publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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